Sur le bâtonnier du Barreau du Québec, Marcel-Olivier Nadeau, du cabinet d’avocats Cain Lamarre
Claudiu Popa
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Après la publication de la partie 4 de cette série en octobre 2025 sur la demande en inhabilité du cabinet d’avocats Cain Lamarre à représenter sa cliente Université de Sherbrooke, après que les deux principaux avocats visés par cette demande, Charles Gaulin et Audrey Campbell, ont cessé de travailler pour Cain Lamarre, et avant la publication de la 5ème partie, le bâtonnier Cain Lamarre s’est activé et est venu aider publiquement l’image de la cliente de son cabinet.
Sous prétexte de discuter de la pratique du droit en région, Marcel-Olivier Nadeau, le nouveau bâtonnier du Barreau du Québec, est parti en “Grande tournée universitaire” en janvier 2026 (un copier-coller de la tournée universitaire de 2025 du juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner; j’y reviendrai). Il a évidemment commencé par la cliente de son cabinet, la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke [1].
De toutes les facultés et de toutes les universités, le bâtonnier Nadeau a choisi de célébrer son début de tournée à l’endroit le plus problématique, controversé et litigieux, dont plusieurs problèmes légaux demeurent encore non résolus. En tant que chef de l'Ordre professionnel des avocats, le bâtonnier qui devait incarner l’intégrité de la profession s’est s’associé avec l’université et les dirigeants dont l’intégrité a été sévèrement affectée par plusieurs récents scandales portant sur des illégalités [2], discrimination [3], fraude, corruption et autres manquements dans la gouvernance de l’institution [4].
Un bâtonnier du Barreau du Québec neutre, prudent et diligent aurait minimalement eu le réflexe de garder une certaine distance ou, du moins, trouver le moyen de mieux déguiser l’intention de sa démarche, au lieu de donner l’impression de cautionner ouvertement ce qui s’y passe. Pas le bâtonnier Nadeau. Une fois qu’il a mis “les deux mains sur le volant” du Barreau du Québec, l’avocat de Cain Lamarre s’est servi de la légitimité et de la réputation du Barreau du Québec pour offrir des bénéfices d’image aux clientes de son cabinet (la doyenne Marie-Pierre Robert et la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke) en procédant à un blanchiment réputationnel par association, une tentative de normaliser ou de minimiser la gravité de leurs problèmes juridiques. Il s’agit d’un "copier-coller” de la tentative précédente de blanchiment réputationnel effectuée par la Fondation du Barreau du Québec, dont le président est un autre avocat partenaire de Cain Lamarre, au bénéfice du cabinet Cain Lamarre, où la Fondation du Barreau a insisté pour convaincre le public que ces deux entités partagent les mêmes valeurs, tandis que la Fondation du Barreau recevait ensuite 10 000$ de la part du cabinet Cain Lamarre.
Me Marcel-Olivier Nadeau était là, au nom du Barreau du Québec, pour envoyer un message qui servait aux clientes de son cabinet; toutefois prendre le risque d’engager son nom, le nom de son cabinet (il était encore avocat partenaire chez Cain Lamarre) et le nom du Barreau du Québec pour essayer de laver le nom de ses clientes était une démonstration de servilité et de manque de jugement flagrant. Ce type d’association forcée, laissant entendre que l’infréquentable peut devenir fréquentable lorsqu’on a des intérêts ou des liens de proximité avec ladite entité problématique, souille l’image de l'Ordre professionnel des avocats et sa neutralité. Pour cette nouvelle direction du Barreau du Québec, prendre le risque de transmettre un message à l’effet que l'honneur de la profession est négociable lorsque le client est “riche et puissant”, bien connecté ou suffisamment lucratif, discrédite les prétentions d’honorabilité du Barreau.
Bien sûr, la doyenne Marie-Pierre Robert, l’une des principales personnes à l’origine de ces problèmes (voir ici et ici), n’a pas raté l’occasion d’afficher publiquement sa gratitude pour cette tentative de blanchiment réputationnel qui lui a été offerte par l’avocat du cabinet dont elle était cliente, qui l’a défendue devant les tribunaux et dont les honoraires du cabinet du bâtonnier ont été payés avec l’argent des étudiants et des contribuables :
“Merci pour votre visite, Monsieur le bâtonnier!
Vous êtes toujours le bienvenu à la Faculté.”
Le modèle d’affaires est simple à comprendre :
Madame abuse, génère des litiges et refuse de les régler;
En réponse aux préjudices causés, des procédures sont entamées;
Madame embauche des avocats du cabinet bénéficiaire des abus de madame pour la représenter;
La personne préjudiciée paie personnellement pour les recours, tandis que madame ne paie pas de sa poche, elle paie ses avocats avec l’argent des contribuables et des étudiants - 8 avocats de Cain Lamarre ont travaillé officiellement dans ces dossiers;
Les dossiers touchant madame sont assignés à des juges amis ou proches de madame et/ou de son groupe d’influence, et ces juges lui donnent gain de cause;
Ensuite l’avocat du cabinet qui s’est enrichi avec l’argent des contribuables et des étudiants, vient blanchir madame réputationnellement en se servant de l’aura de son nouveau poste de bâtonnier du Barreau du Québec. Ce bâtonnier vient ensuite prétendre au public que le système de justice est juste, équitable, indépendant et impartial.
Ces gens nous prennent-ils pour des idiots?
Sur le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau
Recruté par le cabinet d’avocats Cain Lamarre en 2023 selon ses dires sur le site Internet du Barreau du Québec [5] ou en 2024 selon les dires de Cain Lamarre [6], pendant qu’il était vice-président du Barreau du Québec depuis 2022, Me Marcel-Olivier Nadeau est officiellement devenu bâtonnier du Barreau du Québec le 2 juin 2025, pour un mandat de deux ans (2025-2027).
“Je tiens à remercier les associés de mon cabinet, Cain Lamarre, pour leur soutien indéfectible”
déclarait Me Marcel-Olivier Nadeau une fois devenu bâtonnier.
Dès mars 2025, on a vanté Me Marcel-Olivier Nadeau sur plusieurs tribunes d’avoir été “élu” bâtonnier sans toutefois indiquer clairement au public qu’en réalité il a été le seul individu qui s’est présenté pour ce poste et qu’il occupe cette position par défaut, faute d’autres candidats. Selon l’auditeur Raymond Chabot Grant Thornton, pour 2025, sur 20 832 avocats membres éligibles du Barreau du Québec, seulement 1 349 ont voté, soit un maigre 6.48%.
Source : Barreau du Québec (https://www.barreau.qc.ca/media/kg1n4mkc/elections-2025-resultats.pdf)
Or, le but d’une élection est d’offrir aux avocats membres du Barreau du Québec la possibilité de choisir comme bâtonnier le candidat qu’ils considèrent le meilleur parmi deux ou plusieurs candidats, à la suite d’une confrontation d'idées, de visions et de programmes de gouvernance. C’est de cette course au bâtonnat, et du vote populaire qui s’en suit, qu’un bâtonnier tire sa légitimité. À l’inverse, l’absence de choix transforme essentiellement une élection en nomination, une résignation de la part des avocats à accepter la fatalité que de telles circonstances mettent devant eux. Une triste procédure de ratification administrative qui entraîne un déficit de représentation et de légitimité réelle. Marcel-Olivier Nadeau est devenu bâtonnier “par acclamation” dit-on, mais dans les faits il est devenu bâtonnier par défaut, faute d’autres candidats. En pratique, personne n’a acclamé Nadeau. N’imaginons pas un stade olympique rempli de 20 000 avocats qui applaudissent et qui crient “Nadeau! Nadeau! Nadeau!”, comme le mot “acclamation” pourrait laisser imaginer.
Sa nomination est issue d'une situation de carence plutôt que d'une volonté positive et affirmative de l’Ordre professionnel des avocats. Un mandat dont la légitimité est questionnable.
Qu’est-ce qui en résulte de cet état de fait?
Un bâtonnier qui (1) ne semble pas comprendre sa fonction de bâtonnier, qui (2) s’en va festoyer à Paris au lieu de régler des problèmes sur le terrain au Québec, qui (3) est accusé d’instrumentaliser sa fonction de bâtonnier pour faire de la politique et qui, (4) dissimule par son mutisme les vrais enjeux de la justice au Québec.
Un bâtonnier qui ne semble pas comprendre sa fonction de bâtonnier
Questionné par le magazine Droit inc. à savoir qu’est-ce que représente ce rôle de bâtonnier du Québec pour lui, Me Marcel-Olivier Nadeau (Barreau 2010), avocat depuis 15 ans, a répondu de manière simpliste et circulaire :
« D'abord, c'est un rôle extrêmement important au niveau de la société, c’est la présidence du plus grand ordre des juristes. Il y a tout l'aspect contrôle de l'exercice de la profession et puis le Barreau s'occupe également des grands enjeux sociaux tels que l'accès à la justice, le bien-être psychologique des avocats ou encore le manque de relève en région. Je pense que c'est un rôle fondamental dans notre ordre, évidemment, mais dans la société également ».
Donc, pour Me Nadeau, ce rôle est “extrêmement important au niveau de la société” puisque “c’est la présidence du plus grand ordre des juristes”. Autrement dit, le rôle est important parce qu’il est important.
On rencontre de nombreux étudiants en droit plus éloquents que le bâtonnier, qui sont en mesure de proposer sans trop d’efforts une réponse plus soutenue et profonde. La réponse puérile et peu réfléchie du bâtonnier Nadeau quant à son rôle est loin de refléter le jugement caractéristique d’un grand protecteur du public, comme il devrait l’être. Sa position souffre d’une simplicité ahurissante et d'un manque flagrant de vision pour un poste de cette envergure, utilisant essentiellement des slogans comme « l'accès à la justice », le « bien-être psychologique des avocats » et la « relève en région », mais qui, en l’absence de mesures concrètes ou d’un angle d'attaque spécifique par rapport à chacune de ces questions, ressemblent plutôt à une liste d’épicerie récitée à voix haute, des cases à cocher. Les conséquences de cette simplicité et circularité rhétorique se voient dans les “priorités” proposées. Par exemple, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau avait proposé que
« dans les dossiers civils de moins de 500 000 $, les dates de procès devraient être fixées dès l’institution des procédures judiciaires ».
Or, cette idée, reprise d’un juge d’une province anglophone, ne tient pas compte du fait que la complexité d'un dossier ne se mesure pas toujours par le montant réclamé. Cette proposition purement administrative impose un cadre rigide qui risque aussi de pousser des avocats à consacrer moins de temps à préparer adéquatement leurs dossiers, tourner les coins ronds pour se plier à un délai fixé prématurément, ce qui se répercutera directement sur la qualité des services juridiques offerts au public. Privilégier la célérité du dossier à tout prix au détriment du fond du dossier et se préoccuper des apparences d’efficacité au détriment de l’acte de justice transforment le procès en une course contre la montre et sacrifie le droit des parties à une justice de qualité.
Le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau a indiqué aussi qu’il lui
« apparaît essentiel de renforcer notre présence auprès de la population, notamment lors des rentrées judiciaires, pour faire de ces moments des occasions de dialogue. Alors que ces rentrées se déroulent actuellement en formule bipartite, entre les juges et les avocats, je souhaite que ces événements deviennent tripartites, et qu’on ajoute les citoyens à la discussion ».
Marcel-Olivier Nadeau ne doit pas être au courant de ce que les citoyens, en grand nombre, pensent vraiment des juges et des avocats au Québec.
Les citoyens membres du public vont-ils pouvoir tenir des discours, eux aussi, durant la rentrée judiciaire?
Moi, personnellement, je suis tout à fait d’accord avec l’idée de voir la juge en chef Manon Savard de la Cour d’appel du Québec écouter, au moins une fois par année, l’opinion toute crue du public sur le travail de sa Cour.
Je peux déjà imaginer sa réaction :
Comment Me Nadeau propose-t-il de gérer les protestations phoniques (ou autres) des citoyens qui expriment leur mécontentement durant les discours des juges?
Ou est-ce que le bâtonnier Nadeau se propose de filtrer le public qui peut y avoir accès? Va-t-il imposer une présélection des citoyens qui pourront participer à ses rentrées judiciaires seulement s’ils jurent qu’ils aiment les acteurs du système judiciaire? Ou est-ce que les mots “population” et “citoyens” incluent pour Me Nadeau seulement les familles et les amis des avocats et des juges, des figurants qui se contenteront d’applaudir leurs discours?
Marcel-Olivier Nadeau s’imagine-t-il que les gens de la population prendront congé de leur travail pour l’écouter tenir son discours lors de la rentrée judiciaire? Ou veut-il plutôt tenir la rentrée judiciaire durant la fin de semaine et que le public renonce à passer du temps en famille ou pour se reposer afin de passer du temps avec lui?
Notons que le bâtonnier Nadeau n’a pas proposé de télédiffuser gratuitement les rentrées judiciaires sur Internet.
De façon plus générale, doit-on aussi expliquer à Me Nadeau qu’inviter les citoyens à participer à la rentrée judiciaire, alors qu’une grande partie d’entre eux ne se permettent pas de payer les honoraires faramineux des avocats et qui sont obligés de se représenter seuls devant les tribunaux, c'est comme s’il invitait des affamés à un banquet pour regarder les riches manger?
Pense-t-il peut-être que le fait de proposer de transformer ces évènements élitistes pleins de prétentions en “soupes populaires” juridiques convaincra le public que le système de justice est plus digne de confiance?
Une “solution” si déconnectée de la réalité des citoyens, que seul un avocat plein de soi-même issu d’un grand cabinet riche pouvait proposer.
Mais, encore une fois, le bâtonnier Nadeau traite l'accès à la justice comme un problème d'image de marque au lieu de le traiter comme un droit fondamental brimé. Le “dialogue” qu’il propose, peu importe ce que cela veut dire, ne réduit pas les honoraires professionnels, ne simplifie pas le Code de procédure civile et n'élargit pas les seuils d'admissibilité à l'aide juridique.
Un autre projet proposé par le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau? Il
« souhaite mener une offensive annuelle d’information juridique, portant sur un sujet d’actualité, afin que la population comprenne mieux l’importance et la pertinence de notre institution ».
Faire de la propagande condescendante sur "l'importance” de soi-même n’améliore pas l’accès à la justice et ne réduit pas non plus les coûts reliés à cet accès. Une « offensive d’information » ne règle en rien le problème de la personne qui n'a pas les moyens pour se payer un avocat ou qui attend un jugement honnête, juste et équitable pendant des années. Savoir que le Barreau du Québec est « pertinent » n'aide pas un locataire à se représenter devant le Tribunal administratif du logement, n'aide pas un employé lésé à faire valoir ses droits au Tribunal administratif du travail et n'aide pas non plus un parent à obtenir une garde d'enfant. C'est une proposition qui vise plutôt l’autopromotion, redorer le blason du Barreau du Québec plutôt que d'aider le justiciable à ce que son dossier soit effectivement traité de manière juste, équitable et impartiale par un juge.
Questionné à savoir quel élément lui permettrait de déclarer « mission accomplie » à la fin de son mandat, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau répond :
« que le Barreau est devenu un acteur incontournable dans la transformation de la culture judiciaire et que les autres partenaires — les tribunaux, le ministère de la Justice, les avocats et avocates — s’y engagent avec nous ».
Premièrement, le bâtonnier Nadeau souhaite que le Barreau devienne un « acteur incontournable ». Quelqu’un devrait informer le bâtonnier que le Barreau du Québec est déjà un acteur incontournable, créé par la loi à ce titre (Loi sur le Barreau, l’article 23 Code des professions, etc.). Viser cela comme objectif de fin de mandat est un faux objectif; c'est comme si un capitaine de navire disait à ses passagers au début du voyage : « Je serai satisfait si, à la fin du voyage, nous sommes toujours au-dessus de l'eau ».
Deuxièmement, le bâtonnier Nadeau voit les tribunaux comme étant les “partenaires” du Barreau du Québec et propose à ce que les juges travaillent “main dans la main” avec le Barreau du Québec. Rappelons au bâtonnier Nadeau que le Barreau du Québec agit fréquemment devant les tribunaux à titre de demandeur, défendeur, mis en cause ou intervenant dans des dossiers judiciarisés. Fraterniser avec les tribunaux ou désigner les tribunaux comme étant les « partenaires » d’une partie en litige crée un doute légitime sur l’indépendance et l’impartialité des tribunaux lorsque leurs « partenaires » viennent ensuite plaider devant eux pour leur demander des jugements favorables. Les juges ne peuvent pas travailler “main dans la main” avec une partie en litige dans un système de justice contradictoire, tout en prétendant ensuite qu’ils jugeront ses dossiers de façon indépendante et impartiale. Le public ne croit pas cela. Au contraire, le public comprend facilement que plus les acteurs d’un système contradictoire sont “main dans la main”, moins ce système est réellement contradictoire, indépendant et impartial. Et moins ce système est ce qu’il prétend être, plus il est trompeur à l’endroit du public. Trop souvent des membres du public arrivent devant un juge qui est l’ami professionnel ou personnel de l’avocat de la partie adverse ou de la partie adverse elle-même, un juge qui traite des membres du public comme des illettrés juridiques, qui les insulte au lieu de les encadrer et qui rendent des décisions en faveur de leurs amis ou “partenaires”. Cela ne correspond pas à la définition d’un “État de droit” - cela correspond davantage à la définition d’un système de justice fondé sur le népotisme et le favoritisme, un petit monde composé de gens liés entre eux, qui se jugent favorablement entre eux.
Le public s’en rend compte. Me Marcel-Olivier Nadeau ne semble pas en faire autant.
Festoyer à Paris au lieu de régler des problèmes au Québec
À l’automne 2025, fraîchement devenu bâtonnier, Marcel-Olivier Nadeau puisait déjà dans les ressources du Barreau du Québec pour s’offrir, à lui et à certains de ses amis du Barreau (Valérie Assouline - la bâtonnière du Barreau de Montréal, Alexandre Forest - président de l’Association du Barreau canadien - division Québec, Andrée-Anne Dion du Jeune Barreau de Montréal, entre autres), un séjour luxueux en France pour célébrer la rentrée judiciaire du Barreau de Paris.
Dîner, festoyer, copiner et réseauter à la rentrée judiciaire du Barreau d’un autre pays ne change pas les problèmes domestiques au Québec : cela n’améliore pas l’accessibilité du justiciable québécois à la justice au Québec, ne diminue pas les frais judiciaires de première instance ou d’appel au Québec, ne réduit pas non plus les frais d’avocats au Québec, ne permet pas d’augmenter les seuils d’admissibilité à l’aide juridique au Québec, ni de réduire les délais judiciaires au Québec. Le festoyage ne permet pas non plus au bâtonnier Nadeau d’assurer la mission principale de son institution : protéger le public québécois.
Celui qui tire avantage de la participation à cet événement est le bâtonnier lui-même, pour son hubris et gain personnel.
Quant aux membres avocats du Barreau du Québec, qui font face à une inflation des cotisations et à une crise de leur bien-être psychologique, voir leur dirigeant s’amuser et célébrer à Paris envoie un message d’arrogance et de mépris.
Instrumentaliser la fonction de bâtonnier pour faire de la politique
Juste avant de partir en voyage à Paris, Marcel-Olivier Nadeau a étalé ses ambitions politiques : il a décidé de se battre avec le parti politique au pouvoir à l’Assemblée Nationale du Québec pour faire changer le contenu de plusieurs projets de loi avant leur adoption.
La voix du Barreau doit être purement juridique et technique. Lorsqu’un bâtonnier s’aventure sur le terrain de la politique partisane, il compromet la neutralité que cette institution prétend avoir et s’expose à des critiques qui affectent l’image du Barreau du Québec.
Alors qu'il semblait avoir oublié qu’il représente 31 000 membres qui ont des croyances politiques différentes et que leurs cotisations ne doivent pas servir à financer un discours politique qu’ils ne partagent pas, plusieurs acteurs ont rapidement rappelé à Marcel-Olivier Nadeau que le fait d’occuper temporairement le poste de bâtonnier ne lui confère pas un « chèque en blanc » idéologique pour prendre des positionnements colorés politiquement.
Les tentatives du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau de jouer au politicien ont été aussitôt critiquées ou ridiculisées, de l’intérieur, par plusieurs de ses membres du Barreau du Québec, mais aussi par des analystes politiques.
Le ministre de la Justice du Québec, Simon-Jolin Barrette (Coalition Avenir Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 2010 (comme Nadeau), a critiqué la sortie du bâtonnier :
Le ministre Jolin-Barrette accuse le Barreau de manquer de nuance
Le gouvernement Legault s'en prend au Barreau du Québec. Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, estime que l'ordre professionnel qui représente les avocats manque de nuance dans ses critiques envers de récents projets de loi déposés par le gouvernement.
Il est inédit qu'un ministre de la Justice vilipende ainsi le Barreau de façon directe.
En mêlée de presse vendredi, le ministre a reproché au bâtonnier d'avoir comparé le Québec à des régimes autoritaires comme la Corée du Nord et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), l'État communiste instauré à la place de l'empire russe de 1917 à 1991.
« Parfois, le Barreau du Québec devrait nuancer ses propos », a-t-il déclaré dans les corridors du parlement avant la période de questions.
L’ancien ministre de la Justice du Québec, Marc Bellemare (Parti libéral du Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 1979, l’a critiqué sévèrement pour sa sortie, l’accusant de « perdre les pédales » :
« En poste depuis à peine cinq mois, élu par acclamation à la tête du Barreau du Québec, il distribue les coups de gueule ici et là contre le gouvernement Legault. Dans sa dernière sortie publique du 5 décembre, il reproche au ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette de faire diversion après que ce dernier eut accusé le Barreau de manquer de nuances en associant certains projets de loi aux dérives autoritaires vécues en Slovaquie, en Pologne, en Corée du Nord et aux États-Unis.
L’attaque frontale du bâtonnier est éminemment politique, sa critique excédant de loin l’approche traditionnelle du Barreau axée sur la retenue et la modération envers un gouvernement élu démocratiquement. La CAQ occupe, faut-il le rappeler, 81 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale. […]
Le communiqué du Barreau du 13 novembre dernier donnait le ton incendiaire en dénonçant les initiatives législatives du gouvernement sur le système de santé et la démocratie syndicale et en les associant grossièrement à l’érosion de l’État de droit, aux risques de dérive « considérant l’accroissement des régimes autoritaires... partout dans le monde. »
Dans une entrevue du 21 novembre dernier, le bâtonnier en rajoutait, se disant d’avis que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) était parfaitement légitimée (au coût de 2 millions de dollars) de contester devant les tribunaux la loi 21 sur la laïcité. « C’est la job d’un syndicat de faire ça », tonnait-il. Il estimait du même coup « surréaliste », très autoritaire et même intimidant que la loi 2 sur la pratique médicale contrôle le niveau de pratique professionnelle des médecins. Son propos s’arrête là : aucune autre solution pour le million et demi de Québécois qui rongent leur frein en attendant un médecin de famille malgré les 60 milliards $ injectés annuellement dans ce régime public supposément universel.
Le bâtonnier Nadeau instrumentalise le Barreau, qu’il transforme en machine de guerre politique, ce qui n’augure rien de bon. […]
Sans doute le bâtonnier actuel se projette-t-il secrètement dans une brillante carrière politique. Pour l’heure du moins, son rôle est autre. S’il prétend toujours parler au nom des 31 000 avocat(e)s québécois, il doit se garder une petite gêne. »
Le professeur Guillaume Rousseau de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (ancien candidat du Parti québécois et conseiller de la Coalition Avenir Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 2006, avait, lui aussi, critiqué le bâtonnier Nadeau :
« Le Barreau a fait une sortie pour dénoncer « l’érosion de l’état de droit » et les risques de « dérives autoritaires » qui seraient liés au gouvernement québécois, en plus d’associer une de ses mesures à l’Allemagne de l’Est et donc au communisme totalitaire. En agissant ainsi, il fait de la politique partisane, se trompe grossièrement et rate une occasion d’être utile.
Il fait de la politique partisane, car il prend position non pas contre une loi précise, mais contre une grande partie de l’agenda législatif du gouvernement, et ce, en reprenant des arguments de partis d’opposition. Et il le fait après avoir lancé une campagne publicitaire sur le thème de l’état de droit mettant en vedette un influenceur libéral.
Il se trompe, car nous ne vivons pas dans un régime de parti unique. Le gouvernement a été élu et pourrait être battu aux prochaines élections. Les Québécois ne sont aucunement dans une situation comparable à celle des Allemands de l’Est de l’après-guerre. Il se trompe aussi parce qu’il invoque à tort les principes d’état de droit et de primauté du droit, en laissant erronément entendre qu’ils protègent le droit d’utiliser des fonds publics québécois pour affaiblir le pouvoir législatif québécois. Cela n’est pas sans rappeler la fois où le Barreau s’était opposé sans succès à la loi sur l’amphithéâtre de Québec en invoquant ces principes, avant de se faire sermonner par la Cour supérieure, qui l’a accusé d’avoir attaqué l’opportunité de cette loi « sous le couvert de la primauté du droit ».
La sortie récente du Barreau est déplorable pour toutes ces raisons. Et surtout, parce que plusieurs mesures proposées par le gouvernement sont trop sérieuses et dans certains cas, au sein de la loi 2, problématiques pour être critiquées aussi grossièrement. À l’heure de la polarisation extrême, le Québec a besoin d’un Barreau non partisan et rigoureux. Espérons que ce sera pour une prochaine fois. »
Sur un autre projet de loi, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau a déposé un autre mémoire au nom du Barreau du Québec. Cette fois-ci, il était contre le projet de loi 1. Il s’est attiré plusieurs autres critiques, notamment pour un manque flagrant de rigueur scientifique :
Dans le mémoire du Barreau, il y a vraiment des erreurs, dont je m’explique difficilement l’origine. Donc, il y a des cas d’usage de l’article 33 de la Charte canadienne qui ne sont pas mentionnés. Donc, il y a des oublis. C’est vraiment une recherche incomplète dont on retrouve les résultats dans le mémoire du Barreau.
- Guillaume Rousseau, en commission parlementaire, 12 février 2026
Un groupe d’avocats et professeurs a également critiqué le mémoire du Barreau du Québec dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Devoir le 17 février 2026 [7].
En réponse à la sortie politisée de Marcel-Olivier Nadeau, le journaliste d’expérience Sébastien Bovet a posé la question au ministre du travail du Québec, Jean Boulet (Coalition Avenir Québec) :
« Donc, ça ne vous émeut pas, l’avis du Barreau du Québec? »
Souriant, comme pour souligner subtilement le ridicule de la position du bâtonnier, le ministre Boulet répond sèchement :
« Non, ça m’émeut pas ».
Les analystes du diffuseur public (Radio-Canada) n’étaient pas impressionnés non plus par le travail du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau. Antonine Yaccarini, ancienne directrice de cabinet adjointe de la ministre de la Justice, l’avocate Sonia Lebel :
« C’est de l’enfleure verbale parce que, premièrement, le Barreau devrait se concentrer sur un projet de loi à la fois, plutôt que de donner une impression, avec un mélange de plusieurs projets de loi. C’est très mêlant d’ailleurs pour les gens qui essaient de comprendre ». « On est vraiment dans une impression générale, on est aussi dans la théorie de la pente glissante : "Attention-là, on s’en va peut-être vers quelque chose". Je pense qu’on doit travailler sur des faits objectifs ».
L’animatrice de l’émission pose aussi la question à l’ancien député fédéral, Alain Rayes (Parti conservateur du Canada) : « On parle de dispositions de nature autoritaire qui affaiblissent des mécanismes de contre-pouvoir. Qu’est-ce que vous en pensez? ». Alain Rayes répond :
« Quand j’ai vu cette sortie-là, j’ai souri. Je pense que, bon, ils ont peut-être des intérêts ». « Dans le cas de la loi 2, il y a eu deux tentatives de contestation, la première par les étudiants. Ça a été rejeté par la Cour supérieure, mais c’est des éléments qui sont touchés par ce que le Barreau dit. Et la Fédération des médecins spécialistes, qui ont fait une tentative aussi de contester certains éléments de la loi et qui étaient tous en lien avec l’intervention que le Barreau vient de faire. Donc, dans les deux cas, la Cour supérieure a dit "Non, je ne m’ingérerais pas là-dedans". Donc, beaucoup d’enflure verbale ».
L’animatrice demande aussi : « Quand on parle de dérives autoritaires, le réflexe c’est de penser à la Corée du Nord, Poutine en Russie, il y a d’autres exemples, mais la CAQ? Antonine, c’est là où vous trouvez que c’est exagéré? ». Antonine Yaccarini continue :
« C’est complètement exagéré ». « Parler d’autoritarisme cette semaine, ça n’a pas son lieu d’être ». « C’est un peu dommage, quand même. On est vraiment dans un moment où il y a énormément de polarisation […], et là, le Barreau, plutôt que d’apaiser finalement le débat public, il vient l’enflammer, encore une fois. […] Est-ce que les citoyens sont servis par ça? J’en doute ».
D’autres analystes ont également critiqué cette sortie du Barreau du Québec, dont le journaliste Antoine Robitaille :
Quand le Barreau fait dans l’activisme politique
Le Barreau du Québec a mené une campagne médiatique depuis jeudi afin de dénoncer une loi ainsi que des projets de loi du gouvernement Legault.
Qu’il s’en prenne à certains éléments de la loi 2 sur les médecins, on peut comprendre.
Cette législation fut adoptée sous bâillon[…] Mais le Barreau a décidé d’y aller de manière plus globale en dénonçant du même souffle deux autres projets de loi déposés par le gouvernement: le «1» (Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec) et le «3», visant à «améliorer la transparence» des syndicats. Ce faisant, le Barreau a choisi de quitter l’univers strictement juridique et a opté pour l’activisme politique.
Il aurait pu attendre de participer aux consultations sur le 1 et le 3. Et à cette occasion, en critiquer certains éléments légaux précis enfreignant selon lui le principe de primauté du droit. Non, il a préféré formuler des assertions politiques: «Considérant l’accroissement des régimes autoritaires et l’affaiblissement de plusieurs régimes démocratiques partout dans le monde, l’heure n’est pas à l’affaiblissement des libertés publiques d’expression et d’association ou des mécanismes de contre-pouvoir.»
Que doit-on comprendre? Que le Barreau devient une sorte de parti politique? Qu’il s’autorise, au même titre que n’importe quel justiciable accoté au comptoir de sa taverne – ou à son clavier sur X –, d’écumer en lançant: «Poutine, Trump, Legault, même combat!» Sérieusement, on est à ce niveau! […] [8].
Bref, réussir à se faire critiquer par des libéraux, des caquistes et des péquistes en même temps et sur le même sujet, se faire critiquer à l’unanimité par les analystes du diffuseur public invités à commenter la situation, en plus de se faire appeler “Marc-Aurèle Nadeau” par TVA Nouvelles [9], c’est un exploit remarquable pour ce nouveau bâtonnier du Barreau du Québec.
Ici encore, Nadeau n’invente rien. Il copie. Le même reproche avait déjà été fait en 2014 à la juge Johanne Brodeur de la Cour supérieure du Québec alors qu’elle était bâtonnière du Barreau du Québec et qu’elle jouait à la politicienne du Parti libéral du Québec, contre la Charte des valeurs du Parti Québécois.
Plus d’une décennie plus tard, on a encore le même problème au Barreau du Québec.
Le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau dissimule les vrais enjeux de la justice au Québec
Quelques mois seulement après le début de son mandat, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau a commencé à faire du bruit sur le « risque d’érosion de l’État de droit », sur le risque de « dérives autoritaires » et sur l’importance de se battre pour protéger les droits et libertés (que les clients de son bureau et ses collègues avocats violaient allègrement).
Certes, personne n’est contre la vertu (“Vive les droits individuels”, dira essentiellement tout le monde). Mais venant de la bouche d’une personne qui contribue à affecter l’image d’irréprochabilité du système de justice, cela sonne faux.
Ce bruit n’est toutefois pas accidentel. Il sert bien le système. Le bâtonnier, pion du système, en est bien conscient, parce que derrière ce bruit se cachent des problèmes considérablement plus sinistres et obscurs que ceux “dénoncés” par les acteurs du système (coûts, accès, bien-être des avocats, etc.), dont Nadeau est également bien au courant et dont le public ne l’entendra pas parler.
Par exemple, la proximité incestueuse entre les différents acteurs du système de justice, qui se prétendent en même temps indépendants les uns des autres.
Allant de membres de la même famille qui plaident les uns devant les autres, d’amitiés personnelles ou professionnelles cachées, jusqu’à des promotions judiciaires fondées sur le népotisme et le favoritisme caractéristiques d’un petit milieu qui se pense aristocratique et élitiste, ces comportements sont incompatibles avec l’objectivité prônée, anéantissent l’image d’indépendance et ouvrent la porte à différents degrés de corruption : biais judiciaires en faveur des amis, clientélisme judiciaire, décisions rendues en conflits d’intérêts, camouflage d’abus, mensonges dans les décisions judiciaires, etc.
Le citoyen canadien ordinaire peut se retrouver, souvent sans le savoir, devant un système de justice hermétique, complètement contrôlé et pris en otage par une petite clique, organisée sous forme de castes, contre les intérêts du citoyen. En même temps, en se servant de la psychologie inversée, ces acteurs du système de justice disent le contraire de ce qu’ils font réellement et parlent souvent d’indépendance et d’impartialité. Ils prétendent qu’ils composent un système contradictoire (“adversarial” - antagoniste, conflictuel, confrontationnel).
Mais regardez-les. Ont-ils l’air d’une gang d’adversaires? [10]
Ils sollicitent ensuite que le public leur fasse confiance.
C’est indécent.
Ces gens ne peuvent pas prétendre de manière crédible composer un système de justice contradictoire. Le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau, qui fait partie de cet entrelacement privilégié composé d’avocats et de juges, ne peut, lui non plus, de manière crédible, s’afficher sur toutes les tribunes et se dépeindre comme un Jeanne D’Arc défenseur des droits et libertés du “petit peuple”, qui “se bat” avec certains de ses amis qui “mettent en péril” les droits et libertés des membres du public.
Que Marcel-Olivier Nadeau le veuille ou non, le public commence à voir à travers la charade. Du théâtre kabuki, joué par des acteurs qui veulent faire accroire au public qu’ils sont des adversaires parce que la pièce dans laquelle ils jouent le requiert, qui simulent des batailles juridiques féroces pour les yeux du public, mais qui, une fois la prestation terminée, s’en vont festoyer tous ensemble.
C’est, entre autres, pour cette raison que le bâtonnier Nadeau a l’air pour certains de jouer depuis quelques mois le rôle de Don Quichotte qui se bat contre les moulins à vent. Faire beaucoup de bruit sur 2-3 thématiques de manière stérile, en proposant des solutions sans conséquence. Il sait très bien que le bruit qu’il fait ne changera pas grand-chose d’essentiel aux vrais problèmes du système de justice pour le public, mais il occupe ainsi l’ensemble du temps d’antenne, ce qui confère au bâtonnier Nadeau l’occasion de ne plus parler des vraies affaires et de couvrir des problèmes réels du système.
D’ailleurs, il n’aborde pas une panoplie d’autres problèmes de ce système. Parmi ces sujets que le bâtonnier esquive, on peut nommer :
le copinage des juges avec les parties en litige ou avec leurs avocats, particulièrement les juges en chef responsables de l’assignation des dossiers aux autres juges;
le traitement des dossiers par des juges inhabiles à entendre l’affaire (art. 203 Code de procédure civile du Québec : Le juge est inhabile et ne peut entendre une affaire si lui-même ou son conjoint y ont un intérêt), qui sont en conflits d’intérêts ou qui ont des liens avec l’une des parties ou avec ses avocats;
l’excès de compétence des juges qui rendent des décisions au-delà de ce que les parties leur demandent, et ce, sans entendre les parties au préalable (ultra petita, violations à l’audi alteram partem, autres violations de règles de base);
les nominations politiques à la magistrature d'avocats qui ont des liens avec le parti politique au pouvoir qui les nomme juges;
le copinage du politique avec les juges;
la politisation des juges et des décisions judiciaires; l’idéologie qui l’emporte sur le “gros bon sens”;
l’élitisme autocratique judiciaire des juges canadiens;
l'absence de vrai Code de déontologie des juges de nomination fédérale à force contraignante (les “Principes de déontologie judiciaire” ne sont pas un vrai code et l’écriture de ce texte est vague et non-contraignante : “devrait”, “faudrait”, “ce serait important de”, etc.) et l’absence d’application uniforme des règles déontologiques (qui sont sévèrement appliquées pour certains et peu ou pas du tout pour d’autres);
le manque de respect récurrent des juges à l’égard des membres de la population qu’ils jugent (et le mauvais traitement infligé par les juges aux justiciables).
Comme le bâtonnier et ses proches du Barreau du Québec sont des participants et des facilitateurs de cette proximité malsaine entre certains juges et avocats, on peut comprendre pourquoi il n’aborde pas de manière critique cette dynamique qui contribue à éroder l’État de droit. Il n’aborde aucun aspect visant les juges de manière critique. Il va même jusqu’à prétendre des absurdités contraires à la réalité, juste pour projeter une belle image de la magistrature, même si ces prétentions sont fausses.
De plus, vu ce qui semble être un désir ardent du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau de devenir quelqu’un d’important en se tenant près de juges et en servant leurs intérêts, il n’est pas étonnant non plus que le bâtonnier Nadeau ferme les yeux à la multiplication d'inconduites judiciaires dénoncées constamment par des membres du public qui entrent en contact avec le système judiciaire.
Avez-vous vu Nadeau se battre contre l’inconduite judiciaire?
Ce bâtonnier n’en parle tout simplement pas.
Pourtant le problème est particulièrement grave. Malgré le fait que les juges aient l’obligation déontologique de traiter « toutes les personnes avec courtoisie et respect dans l’exercice de leurs fonctions judiciaires » [11], qu’ils doivent faire preuve « de respect et d’intégrité de façon à soutenir et à renforcer la confiance du public à l’endroit de la magistrature » [12], de nombreux justiciables ont dénoncé au cours de la dernière décennie le manque de respect que des juges éprouvent à leur égard, des juges qui les rabaissent, qui sont hostiles ou qui posent des gestes qui isolent le justiciable du processus judiciaire, surtout lorsqu’il n’est pas représenté par avocat (pro se) [13]. Témoins d’une telle conduite judiciaire, le personnel des tribunaux et des prestataires de services ont confirmé que certains juges traitaient des justiciables de manière « grossière et dure » [14].
Dans la même veine, une étude universitaire réalisée sur l'analyse de la jurisprudence canadienne a mis en évidence le fait que les justiciables non représentés par avocat se trouvent confrontés à un défi fondamentalement contradictoire : si le justiciable ne se représente pas suffisamment bien, il risque que le juge le punisse sous le prétexte d’avoir « retardé » la procédure ou d’avoir tenté de « déjouer » le système; en revanche, s'il se représente bien, il risque que le juge ne lui pardonne quelque erreur que ce soit et, qu’au contraire, le juge lui reproche tout ce qui tombe sous la main (les marges des procédures, la longueur des paragraphes, l’interligne, la pagination, etc.). Cette conduite de la part du juge alimentait le traitement judiciaire inégal entre les parties représentées par avocat(s) et les justiciables qui se représentent seuls :
« les avocats disposaient de plus de latitude en matière de procédure, alors que le justiciable non représenté était soumis à une norme plus rigide » [15]
Dans certains cas, les juges n’autorisaient pas les justiciables à parler aussi longtemps que leur contrepartie représentée par avocat, ils acceptaient indûment des éléments de preuve hors délai ou des procédures dont la signification était viciée lorsqu’elle provenait de l’avocat de la partie adverse, les juges interrompaient les justiciables pendant qu'ils présentaient leur cause ou ne les consultaient pas pour des questions de procédure visant les ajournements ou la fixation de dates (de procès ou autres), les juges fixant des dates d'audience en conflit avec le calendrier des justiciables.
De plus, malgré le fait que les juges soient obligés d’exercer leurs fonctions « sans discrimination ni préjugés » [16] et qu’ils soient obligés de s’abstenir « de comportements discriminatoires » [17], de nombreux justiciables rapportent un cadre généralisé de préjugés et de discrimination exhibés par les juges à leur égard :
« Ma plus grande déception – et ma plus grande surprise – est la quantité écrasante de préjugés que j'ai rencontrés. Je n'ai pas été pris au sérieux ni par les avocats ni par les juges » [18]
ou
« Je ne pense vraiment pas que les juges aiment les justiciables non représentés. Le juge a semblé agacé par ma tentative de me représenter et a fait preuve d'une totale partialité et de condescendance dans son ton. Il m'avait déjà inconsciemment étiqueté d'idiot. »
ou
« Je m'attends à subir des préjugés et de la discrimination en tant que justiciable non représenté »
ou encore
« les juges se rallient parfois à la source qu’ils perçoivent comme étant "crédible" – ce qui signifie que les grandes entreprises ou les gouvernements dotés d’avocats auront toujours gain de cause ».
Ce qui ressort souvent des études menées en la matière est le fait que les juges favorisent les parties représentées par avocat « chaque fois qu'ils en ont l'occasion », au détriment des parties non représentées par avocat. Citons l’étude :
« L'une des principales leçons que nous avons apprises est que si vous êtes à court d'argent et que vous êtes confronté à des défendeurs disposant de ressources importantes, tels qu'une compagnie d'assurance, il est extrêmement difficile d'accéder aux avantages de la justice. Nous sommes horrifiés, pour être francs, de voir à quel point le système penche en faveur de ceux qui ont les moyens d'y accéder pleinement. Nous sommes des personnes blanches et relativement bien éduquées qui ont eu la chance de prendre un bon départ dans la vie. Nous frémissons à l'idée de ce qui arrive aux membres des minorités visibles ou aux personnes malchanceuses, qui ont été lésées et qui n'ont aucun moyen de commencer à se rétablir » [19].
La partialité que certains juges exhibent au détriment des justiciables alimente leur méfiance envers le système judiciaire et pousse à des constatations comme les suivantes :
« Mon conseil aux autres justiciables non représentés est de ne pas chercher la justice puisqu’il n’y en a pas. C'est la pire expérience que j'ai vécue. Vous perdez votre esprit et votre santé à cause des abus judiciaires »
ou
« La méthode pour obtenir justice n'existe pas dans le système conçu pour les abuser »
ou
« Le fait que le Tribunal soutienne aveuglément les avocats et ne tienne pas compte des preuves et des observations d'un justiciable non représenté constitue une partialité évidente et un abus de pouvoir ou un exercice abusif de compétence » [20].
ou encore
« Je suis traité comme si le fait de me représenter moi-même constituait en soi un abus de procédure » [21].
Le sentiment de désillusion et la méfiance des justiciables envers le système judiciaire a été un thème récurrent qui ressort des études menées par la professeure en droit Julie Macfarlane de l'Université de Windsor et par autres professionnels du droit :
« Je n'ai plus confiance dans le système judiciaire et je n'ai plus aucun respect pour les avocats ou les magistrats à la suite de mon expérience. Le système juridique doit cesser de condescendre, d'intimider et de discriminer les citoyens depuis son perchoir auto-proclamé » [22].
ou
« En tant que membre de la “caste inférieure”, même si vous vous présentez au tribunal, que vous soyez respectueux, bien préparé et que vous ayez des arguments solides, vous n'obtiendrez ni justice, ni équité, ni considération. Il est probable que votre argument ne sera pas entendu » [23].
Les justiciables se plaignent aussi que le système de justice :
« présume que le principe d'équité est appliqué […]. La plupart des justiciables non représentés, comme moi, nous ne sommes pas traités équitablement, et nous ne jouissons pas non plus, en tant que groupe, de l'égalité lorsque nous allons au tribunal. Nos droits à la sécurité économique et psychologique sont violés et nous sommes discriminés 95 % du temps lorsque nous essayons de nous défendre […].
L'action entreprise par les justiciables pro se en se présentant seuls devant les tribunaux est autodestructrice et profondément démoralisante. Cela rend les justiciables pro se psychologiquement battus, finalement appauvris financièrement et économiquement blessés pour le reste de leur vie » [24].
Même des avocats ont dénoncé le mauvais traitement qu’ils ont subis de la part des juges pendant qu’ils se présentaient sans avocat devant les tribunaux :
« J'ai été avocat en litige civil pendant plus de 30 ans. Je suis maintenant un […] retraité qui se représente seul ».
« Indépendamment de ma sophistication juridique et de ma vaste expérience, se représenter soi-même est une expérience décourageante. Les coûts de chaque étape sont très élevés. Les résultats sont toujours extrêmement incertains.
L'application de la loi laisse souvent perplexe. […] La justice est un concept, [un] rêve. Elle est difficile à trouver » [25].
Des études universitaires menées entre 2021 et 2023 présentent ce même tableau d’un système judiciaire qui est défavorable aux justiciables non représentés en raison de biais systémiques enracinés dans la mentalité des juges à l'égard de leur statut [26]. En plus des mêmes constatations rapportées par les études antérieures, celle menée entre 2021 et 2023 met en évidence un nombre important de justiciables pro se discriminés au cours de leur dossier pour des raisons raciales, de genre ou d'handicap [27].
Depuis des années les justiciables dénoncent le mauvais traitement qu’ils reçoivent de la part des juges lorsqu’ils se présentent devant les tribunaux.
Il s’agit d’une réalité fréquemment recherchée et documentée. Les études menées au Canada ont fait ressortir des conclusions qui font honte à tout système de justice qui prétend mettre la personne et la bienveillance au cœur de la justice.
Ces études sont publiques et gratuites, disponibles pour lecture à toute personne intéressée, y compris au bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau.
Or, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau ne s’est pas exprimé publiquement sur ces problèmes.
On n’a jamais entendu jusqu’à date le bâtonnier Nadeau réitérer l’obligation des juges à respecter la loi qu’ils imposent de force aux autres.
On n’a jamais entendu le bâtonnier Nadeau demander à la magistrature d’arrêter d’insulter les justiciables ou de se moquer d’eux.
Le bâtonnier Nadeau n’a jamais admis ces problèmes.
Il n’a pas non plus proposé des solutions pour les régler.
Au contraire, la campagne menée par le bâtonnier Nadeau fait du gaslighting et trompe le public quant à plusieurs aspects problématiques reliés à la magistrature et au système de justice au Québec.
Comment le public doit-il comprendre le silence du bâtonnier Nadeau? Que ces problèmes ne sont pas des problèmes? Qu’il n’est pas au courant de ces problèmes? Qu’il en est au courant mais que ces problèmes ne lui semblent pas importants? Ou qu’il est au courant de ces problèmes, mais qu’il choisit de les cacher par son silence? Dans tous les cas, la conduite du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau est reprochable.
Ignorance, aveuglement volontaire ou malveillance?
*****
[1] Marcel-Olivier NADEAU, « Sortir des sentiers battus », LinkedIn.com, 22 janvier 2026, en ligne : <https://fr.linkedin.com/posts/marcel-olivier-nadeau-69502015a_hier-avait-lieu-%C3%A0-luniversit%C3%A9-de-sherbrooke-activity-7420191088302460928-qMb_>; Marcel-Olivier NADEAU, « Sortir des sentiers battus », Facebook.com, 22 janvier 2026, en ligne : <https://web.facebook.com/batonnierduquebec/posts/hier-avait-lieu-%C3%A0-luniversit%C3%A9-de-sherbrooke-le-lancement-de-notre-grande-tourn%C3%A9e/1534859815313511/>.
[2] À venir.
[3] Katia GAGNON, « L’Université de Sherbrooke accusée de discrimination », La Presse, 1 juillet 2020, en ligne : <https://www.lapresse.ca/actualites/2020-07-01/l-universite-de-sherbrooke-accusee-de-discrimination.php>.
Le cas de discrimination de la professeure Manon Guay mentionné dans cet article de La Presse est litigieux depuis plus de 8 ans :
Guay c. Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke, 2022 QCCQ 5098 (21 juillet 2022) (décision rendue par la juge Sophie Lapierre, ancienne avocate du cabinet Cain Lamarre);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke v. Guay, 2024 CanLII 505 (QC SAT) (3 janvier 2024) - voir ici l’historique de ses démarches débutées en 2018;
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et Université de Sherbrooke v. Guay, 2024 CanLII 21933 (QC SAT) (13 mars 2024);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke c. Guay, 2024 CanLII 42207 (23 avril 2024);
Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Professeure Guay, 2025 CanLII 47479 (QC SAT) (16 mai 2025);
Guay et Université de Sherbrooke, 2025 QCTAT 3209 (30 juillet 2025);
Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Université de Sherbrooke, 2025 CanLII 91164 (QC SAT) (28 août 2025);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Université de Sherbrooke, 2025 CanLII 111018 (QC SAT) (27 octobre 2025).
Autres cas d’abus, de discrimination, de harcèlement, etc. allégués et/ou retenus contre l’Université de Sherbrooke :
Mostafalou c. Université de Sherbrooke, 2011 QCCS 6289 (15 novembre 2011) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke, 2013 CanLII 9107 (QC SAT) (21 janvier 2013);
Fadlallah c. Université de Sherbrooke, 2013 QCCS 2951 (27 juin 2013) (décision rendue par le juge Gaétan Dumas, juge qui a participé aux activités pédagogiques, de réseautage et de financement de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Lemieux et autres) c. Université de Sherbrooke, 2013 QCTDP 15 (2 juillet 2013);
Josefowich c. Université de Sherbrooke, 2014 QCCRT 726 (17 décembre 2014);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke (SPPUS), 2015 CanLII 104148 (QC SAT) (3 mars 2015);
Université de Sherbrooke c. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, 2015 QCCA 1397 (3 septembre 2015);
Kiam c. Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke (CSQ) et Université de Sherbrooke, 2016 QCCA 154 (1 février 2016) (décision rendue par la juge Marie-Josée Hogue, ancienne employée chargée de cours de l’Université de Sherbrooke, ambassadrice de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, participante aux activités de réseautage et de financement de l’Université de Sherbrooke, honorée par l’Université de Sherbrooke par la plus haute distinction qu’une université peut offrir : un doctorat honoris causa);
Porras-Murillo c. Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke (CSQ) et Université de Sherbrooke, 2016 QCTAT 750 (9 février 2016);
Hassan c. Syndicat des employées et employés de soutien de l'Université de Sherbrooke, section locale 7498 SCFP et Université de Sherbrooke, 2016 QCTAT 1156 (29 février 2016);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke, 2016 CanLII 59892 (QC SAT) (22 août 2016);
Syndicat des professeures et professeurs de l’université de Sherbrooke (SPPUS) c. Université de Sherbrooke, 2017 CanLII 60928 (QC SAT) (12 septembre 2017);
Syndicat des professeures et professeurs de l’université de Sherbrooke c. Université de Sherbrooke, 2017 CanLII 82349 (QC SAT) (5 décembre 2017);
Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke (SPPUS) c. Université de Sherbrooke, 2018 CanLII 36405 (QC SAT) (16 avril 2018);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’Université de Sherbrooke, 2019 CanLII 14479 (QC SAT) (26 février 2019);
Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke c. Université de Sherbrooke, 2020 CanLII 12320 (QC SAT) (19 février 2020);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’université de Sherbrooke (SEESUS), 2020 CanLII 29791 (20 avril 2020);
Adjo c. Université de Sherbrooke, 2020 QCCS 5120 (4 novembre 2020) (décision rendue par le juge Gaétan Dumas, juge qui a participé aux activités pédagogiques, de réseautage et de financement de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Madiouni c. Comité de discipline de l'Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 1243 (6 avril 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Syndicat des employés de soutien de l'Université de Sherbrooke c. Beaupré et Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 1934 (14 mai 2021) (décision rendue par la juge Claude Dallaire, juge en résidence à l’Université de Sherbrooke qui a animé des activités pédagogiques pour la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Madiouni c. Comité de discipline de l'Université de Sherbrooke, 2021 QCCA 936 (4 juin 2021);
Murat Memisoglu c. Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 2451 (11 juin 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Malakijoo c. Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 5061 (24 novembre 2021) (décision rendue par la juge Claude Dallaire, juge en résidence à l’Université de Sherbrooke qui a animé des activités pédagogiques pour la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Morency c. Université de Sherbrooke, Faculté de médecine et des sciences de la santé, 2021 QCCS 5407 (17 décembre 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Rhnima c. Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke et Université de Sherbrooke, 2021 QCTAT 6070 (22 décembre 2021);
Obaid c. Université de Sherbrooke, 2022 QCCS 1325 (14 avril 2022) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Ives Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2022 QCCS 4411 (28 novembre 2022) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Cloutier c. Université de Sherbrooke, 2023 QCCS 458 (20 février 2023) (décision rendue par la juge Line Samoisette, diplomée de l’Université de Sherbrooke, participante aux activités de réseautage de l’Université de Sherbrooke, cousine de l’ancienne rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette);
Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2023 QCCA 419 (6 mars 2023) (en appel d’une décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke, SCFP, section locale 7498 (SEESUS), 2023 CanLII 45964 (QC SAT) (14 avril 2023);
Association du personnel administratif et professionnel de l'Université de Sherbrooke (APAPUS) c. Université de Sherbrooke, 2023 CanLII 52587 (QC SAT) (15 juin 2023);
Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2024 QCCA 203 (16 février 2024) (en appel d’une décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Adjo c. Université de Sherbrooke, 2024 QCCS 1177 (9 avril 2024);
Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Sherbrooke v. Université de Sherbrooke, 2024 CanLII 52199 (QC SAT) (4 juin 2024).
[4] Sabrina LAVOIE, « La vérificatrice générale blâme l’UdeS », La Tribune, 4 juin 2021, en ligne : <https://www.latribune.ca/2021/06/05/la-verificatrice-generale-blame-ludes-8a2dce2bf2381f9e7c124aa27fe488fe/>; Rémi LÉONARD, « 31 M$ de plus: Québec se penche à nouveau sur le système Véo de l’UdeS », La Tribune, 29 janvier 2023, en ligne : <https://www.lavoixdelest.ca/2023/01/30/31-m-de-plus-quebec-se-penche-a-nouveau-sur-le-systeme-veo-de-ludes-e4b51649ff198577ebdec72368197ec5/>; Isabelle PION, « Projet Véo : l’UdeS maintenant accompagnée par une firme », La Tribune, 20 mars 2024, en ligne : <https://www.latribune.ca/actualites/actualites-locales/sherbrooke/2024/03/20/projet-veo-ludes-maintenant-accompagnee-par-une-firme-HQRGKGX275AV3ITURGMGVC2YBA/>; Lilia GAULIN, « La mise en service de Véo prévue au printemps à l’UdeS », La Tribune, 27 octobre 2025, en ligne : <https://www.latribune.ca/actualites/education/2025/10/27/la-mise-en-service-de-veo-prevue-au-printemps-a-ludes-EXU2KAHUR5APRPRR67JTPCCIVI/>. Le dossier est toujours en cours.
[5] BARREAU DU QUÉBEC, « Le bâtonnier du Québec », Barreau.qc.ca, 2025, en ligne : <https://www.barreau.qc.ca/fr/ordre/gouvernance/batonnier-quebec/>.
[6] CAIN LAMARRE, « Marcel-Olivier Nadeau », Cainlamarre.ca, novembre 2025, en ligne : <https://cainlamarre.ca/employe/marcel-olivier-nadeau/>.
[7] Éric OUELLET, avocat, Simon CADOTTE, avocat et initiateur de la lettre avec M. Ouellet, Guillaume ROUSSEAU, avocat, professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke et aussi initiateur de la lettre avec M. Ouellet, Luc ALARIE, avocat, Isabelle ALBERNHE, avocate, Luc BRUNET, citoyen, François CÔTÉ, avocat, Louise DÉSAUTELS, avocate à la retraite, Fabien GÉLINAS, avocat et professeur titulaire à l’Université McGill, Dominique GOUDREAULT, avocat, Patrick LAVALLÉE, juriste, Martin LEBLANC, avocat, Marc MICHAUD, avocat, Daniel TURP, professeur émérite à la retraite, Université de Montréal, « Une critique sur ce que dit le Barreau de la clause de souveraineté parlementaire », Ledevoir.com, 17 février 2026, en ligne : <https://www.ledevoir.com/opinion/idees/956730/critique-ce-dit-barreau-clause-souverainete-parlementaire>. Extraits :
Une critique sur ce que dit le Barreau de la clause de souveraineté parlementaire
Le rôle du Barreau est d’éclairer le débat politique et non pas de se substituer au législateur.
Présenté le 10 février 2026 en commission parlementaire, le mémoire du Barreau du Québec sur le projet de loi 9 se présente comme une analyse juridique destinée à éclairer le législateur. Il nous apparaît toutefois que ce document dépasse l’exposé du droit positif pour adopter une posture normative et prescriptive, ancrée dans une certaine vision politique du droit et reposant sur des erreurs factuelles.
Ainsi, l’article 33 de la Charte canadienne, communément appelé « clause de souveraineté parlementaire », n’aurait été utilisé qu’à cinq reprises entre 1983 et 2017, puis à dix reprises depuis 2018. Cette présentation est inexacte et donne une image faussée de l’usage réel de cette disposition, susceptible d’induire les citoyens en erreur quant à sa portée historique et démocratique.
Des travaux largement cités, tels ceux de Me Guillaume Rousseau et les études Rosen de la Bibliothèque du Parlement du Canada, montrent que l’article 33 a été utilisé fréquemment depuis 1982. Il a été empiriquement établi que le Canada et le Québec y ont eu recours plus de 100 fois au cours des 40 dernières années afin de soustraire certaines lois au contrôle judiciaire de leur validité au regard des droits et libertés. […]
Le mémoire présente donc un décompte erroné qui minimise l’usage historique de cette disposition, et un portrait qui ne reflète pas fidèlement l’état des connaissances. Malgré son caractère prétendument exhaustif, il omet de mentionner plusieurs cas d’usage de l’article 33 dans des secteurs centraux des politiques publiques, tels l’éducation et les régimes de retraite.
Sur le plan juridique
Juridiquement, le mémoire ne se limite pas à décrire l’état du droit. Il procède à une évaluation critique du recours à la clause de souveraineté parlementaire en soutenant que son usage préventif et répété affaiblirait l’état de droit, minerait la démocratie et compromettrait la légitimité des lois adoptées.
Or, ces conclusions ne résultent pas du droit positif tel qu’il existe aujourd’hui. Elles traduisent plutôt une conception particulière de l’équilibre institutionnel, ainsi qu’une prise de position sur le rôle des tribunaux et des élus souhaités par les auteurs. Il s’agit ainsi d’une vision politique dans laquelle le contrôle judiciaire jouerait un rôle prépondérant face au pouvoir législatif, au point où le législateur élu ne pourrait exprimer la volonté démocratique qu’avec l’aval de tribunaux. Une telle lecture confère aux tribunaux une primauté qui n’est pas explicitement consacrée par le texte constitutionnel. […]
Rôle institutionnel et moment de l’intervention
Les recommandations formulées par le Barreau, dont l’adoption d’une loi-cadre qui traite, par exemple, de l’obligation d’un renvoi judiciaire, dépassent le simple éclairage juridique du législateur. Elles constituent de véritables propositions de refonte institutionnelle visant à restreindre l’exercice d’une prérogative constitutionnelle reconnue.
Dans un contexte où un recours majeur concernant la constitutionnalité de la Loi sur la laïcité de l’État, et plus largement l’usage de l’article 33, sera débattu devant le plus haut tribunal du pays, il est très préoccupant qu’un ordre professionnel intervienne en ce moment pour formuler des prescriptions normatives détaillées. Une telle démarche excède le rôle traditionnel d’éclairage juridique et risque de brouiller la distinction entre expertise juridique et arbitrage politique.
Le Barreau peut et doit exposer l’état du droit, en signaler les incohérences et en identifier les risques juridiques. Il doit toutefois s’abstenir de se substituer au législateur dans l’arbitrage des choix politiques ou de promouvoir, sous couvert d’expertise juridique, une vision normative particulière de la démocratie.
Le débat politique appartient aux élus et à la société civile ; le rôle du Barreau, qui est le gardien de la tradition civiliste au Québec, est de l’éclairer, non de se substituer au législateur.
[8] Antoine ROBITAILLE, « Quand le Barreau fait dans l’activisme politique », Journaldequebec.com, 15 novembre 2025, en ligne : <https://www.journaldequebec.com/2025/11/15/quand-le-barreau-fait-dans-lactivisme-politique>.
[9] Marc BOILARD, « Barreau: “Le discours du bâtonnier est COMPLÈTEMENT déplacé”, affirme Marc Bellemare », QUB, 8 décembre 2025, en ligne : <https://www.youtube.com/watch?v=0MdFiPL_8QQ>.
[10] La galérie présentée constitue une petit sélection de photos, provenant de quelques “événements” parmi beaucoup d’autres similaires, avec des participants similaires (avocats et juges qui festoient ensemble), organisés pendant les dernières années :
Justice Pro Bono Québec - Soirée bénéfice 2026
Barreau du Québec - Rentrée judiciaire 2025
Barreau du Québec et Barreau de Québec - Croisière 2025
Barreau du Québec - Assemblée générales 2025
Barreau du Québec - Rentrée judiciaire 2024
Barreau du Québec et Barreau de Québec - Bal de la rentrée judiciaire 2024
Association du Barreau canadien - Dîner présidentiel 2025
Association du Barreau canadien - Cocktail du temps des fêtes 2024
Association du Barreau canadien - Dîner présidentiel 2024
Association du Barreau canadien - Dîner présidentiel 2023
Association du Barreau canadien - Dîner présidentiel 2022
Association du Barreau canadien - Dîner présidentiel 2019
Université de Montréal - Grand dîner 2025
Université de Montréal - Grand dîner 2024
Association des diplômées et diplômés de l’Université de Sherbrooke - Cocktail 2023
Sur les photos se retrouvent entre autres :
Manon Savard, juge en chef de la Cour d’appel du Québec, ancienne avocate chez Ogilvy Renault (actuellement Norton Rose Fulbright) : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/manon-savard
Marie-Anne Paquette, juge en chef de la Cour supérieure du Québec, ancienne avocate chez McCarthy Tétrault et Woods : https://www.barreaudemontreal.qc.ca/activites/biographie-lhonorable-marie-anne-paquette/
Henri Richard, juge en chef de la Cour du Québec : https://www.barreaudemontreal.qc.ca/activites/biographie-lhonorable-henri-richard/
Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême du Canada, ancien avocat chez Lavery : https://www.scc-csc.ca/fr/about-apropos/judges-juges/list-liste/richard-wagner/
Suzanne Côté, juge à la Cour suprême du Canada, ancienne avocate chez Stikeman Elliott et Osler, Hoskin & Harcourt : https://www.scc-csc.ca/fr/about-apropos/judges-juges/list-liste/suzanne-cote/
Simon Ruel, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien avocat chez BCF Avocats et Heenan Blaikie : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/simon-ruel
Guy Gagnon, juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/guy-gagnon
Yves de Montigny, juge en chef de la Cour d’appel fédérale
Lucien Bouchard, ancien Premier ministre du Canada, avocat chez
Christian Brunelle
Jocelyn F. Rancourt, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien avocat chez Ogilvy Renault (actuellement Norton Rose Fulbright) : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/jocelyn-f-rancourt
Éric Hardy, juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/eric-hardy
Marcel-Olivier Nadeau
Marco Labrie
Catherine Claveau
Jean-François Michaud, juge en chef associé de la Cour supérieure du Québec
Michel Robert, ancien juge en chef de la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/informations-generales/actualites/actualites?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=718&cHash=575ceb24f7645cd9028946148c635342
Steeves Bujold
Lucie Rondeau
Nicholas Kasirer
Joseph R. Nuss
Philippe-André Tessier
Valérie Assouline
Rémi Bourget
Beverly McLachlin
Audrey Boctor
Horia Bundaru
Frédéric Pérodeau
Bernard Synnotte
Hélène De Kovachich
Judith Harvie, juge à la Cour d’appel du Québec, ancienne avocate chez Ogilvy Renault (actuellement Norton Rose Fulbright) et chez CBC/Radio-Canada : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/judith-harvie
Christine Baudouin, juge à la Cour d’appel du Québec, ancienne avocate chez Casavant Mercier Avocats et Heenan Blaikie : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/christine-baudouin
Gérald R. Tremblay
François Rolland
Simon Jolin-Barrette
Mary T. Moreau
Sylvain Lussier
Martin F. Sheehan
Sonia Lebel
Marie-Josée Hogue, ancienne juge à la Cour d’appel du Québec, ancienne avocate chez McCarthy Tétrault et Heenan Blaikie, actuellement sous-ministre de la Justice du Canada : https://www.pm.gc.ca/fr/nouvelles/notes-dinformation/2025/12/19/lhonorable-marie-josee-hogue
Isabelle Richer
Jonathan Pierre-Étienne
Robert Mainville, ancien juge à la Cour d’appel du Québec, avocat chez Gowling WLG : https://courdappelduquebec.ca/informations-generales/actualites/actualites?tx_news_pi1%5Bnews%5D=508&tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&cHash=108ebc711bb988bc3e44a152a5bc1d2c
Michel Yergeault
Harry Dikranian
Marie-Claude Bouchard
Daniel Jutras
Benoît Moore, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/benoit-moore
Raymond Bachand
Claude Bachand
Frédéric Bachand, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien professeur à la Faculté de droit de l’Université McGill, ancien avocat chez Ogilvy Renault (actuellement Norton Rose Fulbright) : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/frederic-bachand
Mélanie Joly
Louise Arbour
Daniel Johnson Jr.
Pierre-Marc Johnson
Philippe Johnson
Simon Tremblay
Michael Moldaver
Luc Deshaies
Catherine La Rosa
Jacques R. Fournier, ancien juge en chef de la Cour supérieure du Québec (2015-2022), actuellement avocat chez BLG : https://www.blg.com/fr/people/f/fournier-jacques
Chantal Tremblay, juge à la Cour supérieure du Québec, ancienne avocate chez McCarthy Tétrault : https://www.canada.ca/fr/nouvelles/archive/2015/05/nominations-magistrature-quebec.html
Peter Kalichman, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien avocat chez Irving Mitchell Kalichman LLP : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/peter-kalichman
Alexandre Forest, avocat chez Gowling WLG et président de l’Association du Barreau canadien - Québec : https://gowlingwlg.com/fr/people/alexandre-forest
Lori Renée Weitzman, juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/lori-renee-weitzman
Suzanne Gagné, juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/suzanne-gagne
Marie-France Bich, juge à la Cour d’appel du Québec et ancienne professeure à la Faculté de droit de l’Université de Montréal : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/marie-france-bich
Michel Beaupré, juge à la Cour d’appel du Québec, ancien avocat associé au sein du cabinet Langlois Desjardins (actuellement Langlois avocats) : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/michel-beaupre
Claude Villeneuve, juge à la Cour supérieure du Québec, ancien avocat chez Lavery et Heenan Blaikie : https://www.canada.ca/fr/nouvelles/archive/2015/06/nominations-magistrature-quebec.html
Myriam Lachance, juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/a-propos/juges-de-la-cour-dappel/myriam-lachance
Jean Charest, ancien Premier ministre du Québec, ancien avocat chez McCarthy Tétrault et actuellement avocat chez Therrien Couture Jolicoeur : https://www.groupetcj.ca/equipe/382-jean-charest-avocat-associe-montreal-tcj.html
Jean-Louis Baudouin, ancien juge à la Cour d’appel du Québec, ancien professeur à la Faculté de droit de l’Université de Montréal : https://www.chairejlb.ca/a-propos/jean-louis-baudouin/
François Doyon, ancien juge à la Cour d’appel du Québec : https://courdappelduquebec.ca/informations-generales/actualites/actualites?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=758&cHash=7d727250446ca018573537c6cf741f5a
Conrad Chapdelaine, juge à la Cour du Québec
Louis Marquis, juge à la Cour supérieure du Québec, ancien professeur à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke : https://www.usherbrooke.ca/actualites/nouvelles/details/53091
Denis Gallant, juge à la Cour municipale du Québec : https://www.editionssr.com/fr/auteurs/me-denis-gallant
et plusieurs autres.