Qui est le bâtonnier du Barreau du Québec, Marcel-Olivier Nadeau, du cabinet d’avocats Cain Lamarre?
Claudiu Popa
Après la publication de la partie 4 de cette série en octobre 2025 portant sur la demande en déclaration d’inhabilité du cabinet d’avocats Cain Lamarre dans les dossiers visant l’Université de Sherbrooke, après le départ des deux principaux avocats visés par cette demande, Charles Gaulin et Audrey Campbell, qui, entre temps, ne travaillent plus pour Cain Lamarre, et avant la publication de la 5ème partie, cela n’aura pas pris longtemps au bâtonnier Cain Lamarre pour s’activer et venir aider publiquement la cause de la cliente de son cabinet, impliquée dans des stratagèmes frauduleux visant l’octroi des contrats d’enseignement des chargés de cours et autres comportements abusifs.
Sous prétexte de discuter de la pratique du droit en région, Marcel-Olivier Nadeau, le nouveau bâtonnier du Barreau du Québec, est parti en “Grande tournée universitaire” en janvier 2026 (un copier-coller de la tournée universitaire de 2025 du juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner; j’y reviendrai). Il a évidemment commencé par la cliente de son cabinet, la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke [1].
De toutes les facultés et de toutes les universités, le bâtonnier Nadeau a choisi de célébrer son début de tournée à l’endroit le plus problématique, controversé et litigieux, dont plusieurs problèmes légaux demeurent encore non résolus. En tant que chef de l'Ordre professionnel des avocats, le bâtonnier qui devait incarner l’intégrité de la profession s’est s’associé avec l’université et les dirigeants dont l’intégrité a été sévèrement affectée par plusieurs récents scandales portant sur des illégalités [2], discrimination [3], fraude, corruption et autres manquements dans la gouvernance de l’institution [4].
Un bâtonnier du Barreau du Québec neutre, prudent et diligeant aurait minimalement eu le réflexe de garder une certaine distance ou, du moins, trouver le moyen de mieux déguiser l’intention de sa démarche, au lieu de donner l’impression de cautionner ouvertement ce qui s’y passe. Pas le bâtonnier Nadeau. Une fois qu’il a mis “les deux mains sur le volant” du Barreau du Québec, l’avocat de Cain Lamarre s’est servi de la légitimité et de la réputation du Barreau du Québec pour offrir des bénéfices d’image aux clientes de son cabinet (la doyenne Marie-Pierre Robert et la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke) en procédant à un blanchiment réputationnel par association, une tentative de normaliser ou de minimiser la gravité de leurs problèmes juridiques. Il s’agit d’un "copier-coller” de la tentative précédente de blanchiment réputationnel effectuée par la Fondation du Barreau du Québec, dont le président est un autre avocat partenaire de Cain Lamarre, au bénéfice du cabinet Cain Lamarre, où la Fondation du Barreau a insisté pour convaincre le public que ces deux entités partagent les mêmes valeurs, tandis que la Fondation du Barreau recevait ensuite 10 000$ de la part du cabinet Cain Lamarre.
Me Marcel-Olivier Nadeau était là, au nom du Barreau du Québec, pour envoyer un message qui servait aux clientes de son cabinet; toutefois prendre le risque d’engager son nom, le nom de son cabinet (il était encore avocat partenaire chez Cain Lamarre) et le nom du Barreau du Québec pour essayer de laver le nom de ses clientes était une démonstration de servilité et de manque de jugement flagrant. Ce type d’association forcée, laissant entendre que l’infréquentable peut devenir frequentable lorsqu’on a des intérêts ou des liens de proximité avec ladite entité problématique, souille l’image de l'Ordre professionnel des avocats et sa neutralité. Pour cette nouvelle direction du Barreau du Québec, prendre le risque de transmettre un message à l’effet que l'honneur de la profession est négociable lorsque le client est “riche et puissant”, bien connecté ou suffisamment lucratif, discrédite les prétentions d’honorabilité du Barreau.
Bien sûr, la doyenne Marie-Pierre Robert, l’une des principales personnes à l’origine de ces problèmes (voir ici et ici), n’a pas raté l’occasion d’afficher publiquement sa gratitude pour cette tentative de blanchiment réputationnel qui lui a été offerte par l’avocat du cabinet dont elle était cliente, qui l’a défendue devant les tribunaux et dont les honoraires du cabinet du bâtonnier ont été payés avec l’argent des étudiants et des contribuables :
Le modèle d’affaires est simple à comprendre :
Madame abuse, génère des litiges et refuse de les régler;
En réponse aux préjudices causés, des procédures sont entamées;
Madame embauche des avocats du cabinet bénéficiaire des abus de madame pour la représenter;
La personne préjudiciée paie personnellement pour les recours, tandis que madame ne paie pas de sa poche, elle paie ses avocats avec l’argent des contribuables et des étudiants - 8 avocats de Cain Lamarre ont travaillé officiellement dans ces dossiers;
Les dossiers touchant madame sont assignés à des juges amis ou proches de madame et/ou de son groupe d’influence, et ces juges lui donnent gain de cause;
Ensuite l’avocat du cabinet qui s’est enrichi avec l’argent des contribuables et des étudiants, vient blanchir madame réputationnellement en se servant de l’aura de son nouveau poste de bâtonnier du Barreau du Québec. Ce bâtonnier vient ensuite prétendre au public que le système de justice est juste, équitable, indépendant et impartial.
Ces gens nous prennent-ils pour des idiots?
Qui est le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau?
Recruté par le cabinet d’avocats Cain Lamarre en 2023 selon ses dires sur le site Internet du Barreau du Québec [5] ou en 2024 selon les dires de Cain Lamarre [6], pendant qu’il était vice-président du Barreau du Québec depuis 2022, Me Marcel-Olivier Nadeau est officiellement devenu bâtonnier du Barreau du Québec le 2 juin 2025, pour un mandat de deux ans (2025-2027).
“Je tiens à remercier les associés de mon cabinet, Cain Lamarre, pour leur soutien indéfectible”
déclarait Me Marcel-Olivier Nadeau une fois devenu bâtonnier.
Dès mars 2025, on a vanté Me Marcel-Olivier Nadeau sur plusieurs tribunes d’avoir été “élu” bâtonnier sans toutefois indiquer clairement au public qu’en réalité il a été le seul individu qui s’est présenté pour ce poste et qu’il occupe cette position par défaut, faute d’autres candidats. Selon l’auditeur Raymond Chabot Grant Thornton, pour 2025, sur 20 832 avocats membres éligibles du Barreau du Québec, seulement 1 349 ont voté, soit un maigre 6.48%.
Source : Barreau du Québec (https://www.barreau.qc.ca/media/kg1n4mkc/elections-2025-resultats.pdf)
Or, le but d’une élection est d’offrir aux avocats membres du Barreau du Québec la possibilité de choisir comme bâtonnier le candidat qu’ils considèrent le meilleur parmi deux ou plusieurs candidats, à la suite d’une confrontation d'idées, de visions et de programmes de gouvernance. C’est de cette course au bâtonnat, et du vote populaire qui s’en suit, qu’un bâtonnier tire sa légitimité. À l’inverse, l’absence de choix transforme essentiellement une élection en nomination, une résignation de la part des avocats à accepter la fatalité que de telles circonstances mettent devant eux. Une triste procédure de ratification administrative qui entraîne un déficit de représentation et de légitimité réelle. Marcel-Olivier Nadeau est devenu bâtonnier “par acclamation” dit-on, mais dans les faits il est devenu bâtonnier par défaut, faute d’autres candidats. En pratique, personne n’a acclamé Nadeau. N’imaginons pas un stade olympique rempli de 20 000 avocats qui applaudissent et qui crient “Nadeau! Nadeau! Nadeau!”, comme le mot “acclamation” pourrait laisser imaginer.
Sa nomination est issue d'une situation de carence plutôt que d'une volonté positive et affirmative de l’Ordre professionnel des avocats. Un mandat dont la légitimité est questionnable.
Qu’est-ce qui en résulte de cet état de fait?
Un bâtonnier qui (1) ne semble pas comprendre sa fonction de bâtonnier, qui (2) s’en va festoyer à Paris au lieu de régler des problèmes sur le terrain au Québec, qui (3) est accusé d’instrumentaliser sa fonction de bâtonnier pour faire de la politique et qui, (4) dissimule par son mutisme les vrais enjeux de la justice au Québec.
Un bâtonnier qui ne semble pas comprendre sa fonction de bâtonnier
Questionné par le magazine Droit inc. à savoir qu’est-ce que représente ce rôle de bâtonnier du Québec pour lui, Me Marcel-Olivier Nadeau (Barreau 2010), avocat depuis 15 ans, a répondu de manière simpliste et circulaire :
« D'abord, c'est un rôle extrêmement important au niveau de la société, c’est la présidence du plus grand ordre des juristes. Il y a tout l'aspect contrôle de l'exercice de la profession et puis le Barreau s'occupe également des grands enjeux sociaux tels que l'accès à la justice, le bien-être psychologique des avocats ou encore le manque de relève en région. Je pense que c'est un rôle fondamental dans notre ordre, évidemment, mais dans la société également ».
Donc, pour Me Nadeau, ce rôle est “extrêmement important au niveau de la société” puisque “c’est la présidence du plus grand ordre des juristes”. Autrement dit, le rôle est important parce qu’il est important.
On rencontre de nombreux étudiants en droit plus éloquents que le bâtonnier, qui sont en mesure de proposer sans trop d’efforts une réponse plus soutenue et profonde. La réponse puérile et peu réfléchie du bâtonnier Nadeau quant à son rôle est loin de refléter le jugement caractéristique d’un grand protecteur du public, comme il devrait l’être. Sa position souffre d’une simplicité ahurissante et d'un manque flagrant de vision pour un poste de cette envergure, utilisant essentiellement des slogans comme « l'accès à la justice », le « bien-être psychologique des avocats » et la « relève en région », mais qui, en l’absence de mesures concrètes ou d’un angle d'attaque spécifique par rapport à chacune de ces questions, ressemblent plutôt à une liste d’épicerie récitée à voix haute, des cases à cocher. Les conséquences de cette simplicité et circularité rhétorique se voient dans les “priorités” proposées. Par exemple, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau avait proposé que
« dans les dossiers civils de moins de 500 000 $, les dates de procès devraient être fixées dès l’institution des procédures judiciaires ».
Or, cette idée, reprise d’un juge d’une province anglophone, ne tient pas compte du fait que la complexité d'un dossier ne se mesure pas toujours par le montant réclamé. Cette proposition purement administrative impose un cadre rigide qui risque aussi de pousser des avocats à consacrer moins de temps à préparer adéquatement leurs dossiers, tourner les coins ronds pour se plier à un délai fixé prématurément, ce qui se répercutera directement sur la qualité des services juridiques offerts au public. Privilégier la célérité du dossier à tout prix au détriment du fond du dossier et se préoccuper des apparences d’efficacité au détriment de l’acte de justice transforment le procès en une course contre la montre et sacrifie le droit des parties à une justice de qualité.
Le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau a indiqué aussi qu’il lui
« apparaît essentiel de renforcer notre présence auprès de la population, notamment lors des rentrées judiciaires, pour faire de ces moments des occasions de dialogue. Alors que ces rentrées se déroulent actuellement en formule bipartite, entre les juges et les avocats, je souhaite que ces événements deviennent tripartites, et qu’on ajoute les citoyens à la discussion ».
Marcel-Olivier Nadeau ne doit pas être au courant de ce qu’un grand nombre de citoyens pensent vraiment des juges et des avocats au Québec.
Les citoyens membres du public vont-ils pouvoir tenir des discours, eux aussi, durant la rentrée judiciaire?
Moi, personnellement, je suis tout à fait d’accord avec l’idée de voir la juge en chef Manon Savard de la Cour d’appel du Québec écouter, au moins une fois par année, l’opinion toute crue du public sur le travail de sa Cour.
Je peux déjà imaginer sa réaction :
Comment Me Nadeau propose-t-il de gérer les protestations phoniques (ou autres) des citoyens qui expriment leur mécontentement durant les discours des juges?
Ou est-ce que le bâtonnier Nadeau se propose de filtrer le public qui peut y avoir accès? Va-t-il imposer une présélection des citoyens qui pourront participer à ses rentrées judiciaires seulement s’ils jurent qu’ils aiment les acteurs du système judiciaire? Ou est-ce que les mots “population” et “citoyens” incluent pour Me Nadeau seulement les familles et les amis des avocats et des juges, des figurants qui se contenteront d’applaudir leurs discours?
Marcel-Olivier Nadeau s’imagine-t-il que les gens de la population prendront congé de leur travail pour l’écouter tenir son discours lors de la rentrée judiciaire? Ou veut-il plutôt tenir la rentrée judiciaire durant la fin de semaine et que le public renonce à passer du temps en famille ou pour se reposer afin de passer du temps avec lui?
Notons que le bâtonnier Nadeau n’a pas proposé de télédiffuser gratuitement les rentrées judiciaires sur Internet.
De façon plus générale, doit-on aussi expliquer à Me Nadeau qu’inviter les citoyens à participer à la rentrée judiciaire, alors qu’une grande partie d’entre eux ne se permettent pas de payer les honoraires faramineux des avocats et qui sont obligés de se représenter seuls devant les tribunaux, c'est comme s’il invitait des affamés à un banquet pour regarder les riches manger?
Pense-t-il peut-être que le fait de proposer de transformer ces évènements élitistes pleins de prétentions en “soupes populaires” juridiques convaincra le public que le système de justice est plus digne de confiance?
Une “solution” si déconnectée de la réalité des citoyens, que seul un avocat plein de soi-même issu d’un grand cabinet riche pouvait proposer.
Mais, encore une fois, le bâtonnier Nadeau traite l'accès à la justice comme un problème d'image de marque au lieu de le traiter comme un droit fondamental brimé. Le “dialogue” qu’il propose, peu importe ce que cela veut dire, ne réduit pas les honoraires professionnels, ne simplifie pas le Code de procédure civile et n'élargit pas les seuils d'admissibilité à l'aide juridique.
Un autre projet proposé par le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau? Il
« souhaite mener une offensive annuelle d’information juridique, portant sur un sujet d’actualité, afin que la population comprenne mieux l’importance et la pertinence de notre institution ».
Faire de la propagande de manière condescendante sur "l'importance” de soi-même n’améliore pas l’accès à la justice et ne réduit pas non plus les coûts reliés à cet accès. Une « offensive d’information » ne règle en rien le problème de la personne qui n'a pas les moyens de se payer un avocat ou qui attend un jugement honnête, juste et équitable pendant des années. Savoir que le Barreau du Québec est « pertinent » n'aide pas un locataire à se représenter devant le Tribunal administratif du logement, n'aide pas un employé lésé à faire valoir ses droits au Tribunal administratif du travail et n'aide pas non plus un parent à obtenir une garde d'enfant. C'est une proposition qui vise plutôt l’autopromotion, redorer le blason du Barreau du Québec plutôt que d'aider le justiciable à ce que son dossier soit effectivement traité de manière juste, équitable et impartiale par un juge.
Questionné à savoir quel élément lui permettrait de déclarer « mission accomplie » à la fin de son mandat, le bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau répond :
« que le Barreau est devenu un acteur incontournable dans la transformation de la culture judiciaire et que les autres partenaires — les tribunaux, le ministère de la Justice, les avocats et avocates — s’y engagent avec nous ».
Premièrement, le bâtonnier Nadeau souhaite que le Barreau devienne un « acteur incontournable ». Quelqu’un devrait informer le bâtonnier que le Barreau du Québec est déjà un acteur incontournable, créé par la loi à ce titre (Loi sur le Barreau, l’article 23 Code des professions, etc.). Viser cela comme objectif de fin de mandat est un faux objectif; c'est comme si un capitaine de navire disait à ses passagers au début du voyage : « Je serai satisfait si, à la fin du voyage, nous sommes toujours au-dessus de l'eau ».
Deuxièmement, le bâtonnier Nadeau voit les tribunaux comme étant les “partenaires” du Barreau du Québec et propose à ce que les juges travaillent “main dans la main” avec le Barreau du Québec. Rappelons au bâtonnier Nadeau que le Barreau du Québec agit fréquemment devant les tribunaux à titre de demandeur, défendeur, mis en cause ou intervenant dans des dossiers judiciarisés. Fraterniser avec les tribunaux ou désigner les tribunaux comme étant les « partenaires » d’une partie en litige crée un doute légitime sur l’indépendance et l’impartialité des tribunaux lorsque leurs « partenaires » viennent ensuite plaider devant eux pour leur demander des jugements favorables. Les juges ne peuvent pas travailler “main dans la main” avec une partie en litige dans un système de justice contradictoire, tout en prétendant ensuite qu’ils jugeront ses dossiers de façon indépendante et impartiale. Le public ne croit pas cela. Au contraire, le public comprend facilement que plus les acteurs d’un système contradictoire sont “main dans la main”, moins ce système est réellement contradictoire, indépendant et impartial. Et moins ce système est ce qu’il prétend être, plus il est trompeur à l’endroit du public. Trop souvent des membres du public arrivent devant un juge qui est l’ami professionnel ou personnel de l’avocat de la partie adverse ou de la partie adverse elle-même, un juge qui traite des membres du public comme des illettrés juridiques, qui les insulte au lieu de les encadrer et qui rendent des décisions en faveur de leurs amis ou “partenaires”. Cela ne correspond pas à la définition d’un “État de droit” - cela correspond davantage à la définition d’un système de justice fondé sur le népotisme et le favoritisme, un petit monde composé de gens liés entre eux, qui se jugent favorablement entre eux.
Le public s’en rend compte. Me Marcel-Olivier Nadeau ne semble pas en faire autant.
Festoyer à Paris au lieu de régler des problèmes au Québec
À l’automne 2025, fraîchement devenu bâtonnier, Marcel-Olivier Nadeau puisait déjà dans les ressources du Barreau du Québec pour s’offrir, à lui et à certains de ses amis du Barreau, un séjour luxueux en France pour célébrer la rentrée judiciaire du Barreau de Paris.
Dîner, festoyer, copiner et réseauter à la rentrée judiciaire du Barreau d’un autre pays ne change pas les problèmes domestiques au Québec : cela n’améliore pas l’accessibilité du justiciable québécois à la justice au Québec, ne diminue pas les frais judiciaires de première instance ou d’appel au Québec, ne réduit pas non plus les frais d’avocats au Québec, ne permet pas d’augmenter les seuils d’admissibilité à l’aide juridique au Québec, ni de réduire les délais judiciaires au Québec. Son festoyage ne permet pas non plus au bâtonnier Nadeau d’assurer la mission principale de son institution : protéger le public québécois.
Celui qui tire avantage de la participation à cet événement est le bâtonnier lui-même, pour son hubris et gain personnel.
Quant aux membres avocats du Barreau du Québec, qui font face à une inflation des cotisations et à une crise de leur bien-être psychologique, voir leur direction s’amuser et célébrer à Paris envoie un message d’arrogance et de mépris.
Instrumentaliser la fonction de bâtonnier pour faire de la politique
Juste avant de partir en voyage à Paris, Marcel-Olivier Nadeau a étalé ses ambitions politiques : il a décidé de se battre avec le parti au pouvoir à l’Assemblée Nationale du Québec pour faire changer le contenu de plusieurs projets de loi avant leur adoption.
La voix du Barreau doit être purement juridique et technique. Lorsqu’un bâtonnier s’aventure sur le terrain de la politique partisane, il compromet la neutralité que cette institution prétend avoir et s’expose à des critiques qui affectent l’image du Barreau du Québec.
Alors qu'il semblait avoir oublié qu’il représente 31 000 membres qui ont des croyances politiques différentes et que leurs cotisations ne doivent pas servir à financer un discours politique qu’ils ne partagent pas, plusieurs acteurs ont rapidement rappelé à Marcel-Olivier Nadeau que le fait d’occuper temporairement le poste de bâtonnier ne lui confère pas un « chèque en blanc » idéologique pour prendre des positionnements colorés politiquement.
Les tentatives du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau de jouer au politicien ont été aussitôt critiquées ou ridiculisées par plusieurs de ses membres.
Le ministre de la Justice du Québec, Simon-Jolin Barrette (Coalition Avenir Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 2010 (comme Nadeau), a critiqué la sortie du bâtonnier :
Le ministre Jolin-Barrette accuse le Barreau de manquer de nuance
Le gouvernement Legault s'en prend au Barreau du Québec. Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, estime que l'ordre professionnel qui représente les avocats manque de nuance dans ses critiques envers de récents projets de loi déposés par le gouvernement.
Il est inédit qu'un ministre de la Justice vilipende ainsi le Barreau de façon directe.
En mêlée de presse vendredi, le ministre a reproché au bâtonnier d'avoir comparé le Québec à des régimes autoritaires comme la Corée du Nord et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), l'État communiste instauré à la place de l'empire russe de 1917 à 1991.
« Parfois, le Barreau du Québec devrait nuancer ses propos », a-t-il déclaré dans les corridors du parlement avant la période de questions.
L’ancien ministre de la Justice du Québec, Marc Bellemarre (Parti libéral du Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 1979, l’a critiqué sévèrement pour sa sortie, l’accusant de « perdre les pédales » :
« En poste depuis à peine cinq mois, élu par acclamation à la tête du Barreau du Québec, il distribue les coups de gueule ici et là contre le gouvernement Legault. Dans sa dernière sortie publique du 5 décembre, il reproche au ministre de la Justice Simon Jolin-Barrette de faire diversion après que ce dernier eut accusé le Barreau de manquer de nuances en associant certains projets de loi aux dérives autoritaires vécues en Slovaquie, en Pologne, en Corée du Nord et aux États-Unis.
L’attaque frontale du bâtonnier est éminemment politique, sa critique excédant de loin l’approche traditionnelle du Barreau axée sur la retenue et la modération envers un gouvernement élu démocratiquement. La CAQ occupe, faut-il le rappeler, 81 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale. […]
Le communiqué du Barreau du 13 novembre dernier donnait le ton incendiaire en dénonçant les initiatives législatives du gouvernement sur le système de santé et la démocratie syndicale et en les associant grossièrement à l’érosion de l’État de droit, aux risques de dérive « considérant l’accroissement des régimes autoritaires... partout dans le monde. »
Dans une entrevue du 21 novembre dernier, le bâtonnier en rajoutait, se disant d’avis que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) était parfaitement légitimée (au coût de 2 millions de dollars) de contester devant les tribunaux la loi 21 sur la laïcité. « C’est la job d’un syndicat de faire ça », tonnait-il. Il estimait du même coup « surréaliste », très autoritaire et même intimidant que la loi 2 sur la pratique médicale contrôle le niveau de pratique professionnelle des médecins. Son propos s’arrête là : aucune autre solution pour le million et demi de Québécois qui rongent leur frein en attendant un médecin de famille malgré les 60 milliards $ injectés annuellement dans ce régime public supposément universel.
Le bâtonnier Nadeau instrumentalise le Barreau, qu’il transforme en machine de guerre politique, ce qui n’augure rien de bon. […]
Sans doute le bâtonnier actuel se projette-t-il secrètement dans une brillante carrière politique. Pour l’heure du moins, son rôle est autre. S’il prétend toujours parler au nom des 31 000 avocat(e)s québécois, il doit se garder une petite gêne. »
Le professeur Guillaume Rousseau de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (ancien candidat du Parti québécois et conseiller de la Coalition Avenir Québec), avocat membre du Barreau du Québec depuis 2006, avait, lui aussi, critiqué le bâtonnier Nadeau :
« Le Barreau a fait une sortie pour dénoncer « l’érosion de l’état de droit » et les risques de « dérives autoritaires » qui seraient liés au gouvernement québécois, en plus d’associer une de ses mesures à l’Allemagne de l’Est et donc au communisme totalitaire. En agissant ainsi, il fait de la politique partisane, se trompe grossièrement et rate une occasion d’être utile.
Il fait de la politique partisane, car il prend position non pas contre une loi précise, mais contre une grande partie de l’agenda législatif du gouvernement, et ce, en reprenant des arguments de partis d’opposition. Et il le fait après avoir lancé une campagne publicitaire sur le thème de l’état de droit mettant en vedette un influenceur libéral.
Il se trompe, car nous ne vivons pas dans un régime de parti unique. Le gouvernement a été élu et pourrait être battu aux prochaines élections. Les Québécois ne sont aucunement dans une situation comparable à celle des Allemands de l’Est de l’après-guerre. Il se trompe aussi parce qu’il invoque à tort les principes d’état de droit et de primauté du droit, en laissant erronément entendre qu’ils protègent le droit d’utiliser des fonds publics québécois pour affaiblir le pouvoir législatif québécois. Cela n’est pas sans rappeler la fois où le Barreau s’était opposé sans succès à la loi sur l’amphithéâtre de Québec en invoquant ces principes, avant de se faire sermonner par la Cour supérieure, qui l’a accusé d’avoir attaqué l’opportunité de cette loi « sous le couvert de la primauté du droit ».
La sortie récente du Barreau est déplorable pour toutes ces raisons. Et surtout, parce que plusieurs mesures proposées par le gouvernement sont trop sérieuses et dans certains cas, au sein de la loi 2, problématiques pour être critiquées aussi grossièrement. À l’heure de la polarisation extrême, le Québec a besoin d’un Barreau non partisan et rigoureux. Espérons que ce sera pour une prochaine fois. »
En réponse à la sortie politisée de Marcel-Olivier Nadeau, le journaliste d’expérience Sébastien Bovet a posé la question au ministre du travail du Québec, Jean Boulet (Coalition Avenir Québec) :
« Donc, ça ne vous émeut pas, l’avis du Barreau du Québec? »
Souriant, comme pour souligner subtilement le ridicule de la position du bâtonnier, le ministre Boulet répond sèchement :
« Non, ça m’émeut pas ».
Les analystes du diffuseur public (Radio-Canada) n’étaient pas impressionnés non plus par le travail du bâtonnier Marcel-Olivier Nadeau. Antonine Yaccarini, ancienne directrice de cabinet adjointe de la ministre de la Justice, l’avocate Sonia Lebel :
« C’est de l’enfleure verbale parce que, premièrement, le Barreau devrait se concentrer sur un projet de loi à la fois, plutôt que de donner une impression, avec un mélange de plusieurs projets de loi. C’est très mêlant d’ailleurs pour les gens qui essaient de comprendre ». « On est vraiment dans une impression générale, on est aussi dans la théorie de la pente glissante : "Attention-là, on s’en va peut-être vers quelque chose". Je pense qu’on doit travailler sur des faits objectifs ».
L’animatrice de l’émission pose aussi la question à l’ancien député fédéral, Alain Rayes (Parti conservateur du Canada) : « On parle de dispositions de nature autoritaire qui affaiblissent des mécanismes de contre-pouvoir. Qu’est-ce que vous en pensez? ». Alain Rayes répond :
« Quand j’ai vu cette sortie-là, j’ai souri. Je pense que, bon, ils ont peut-être des intérêts ». « Dans le cas de la loi 2, il y a eu deux tentatives de contestation, la première par les étudiants. Ça a été rejeté par la Cour supérieure, mais c’est des éléments qui sont touchés par ce que le Barreau dit. Et la Fédération des médecins spécialistes, qui ont fait une tentative aussi de contester certains éléments de la loi et qui étaient tous en lien avec l’intervention que le Barreau vient de faire. Donc, dans les deux cas, la Cour supérieure a dit "Non, je ne m’ingérerais pas là-dedans". Donc, beaucoup d’enflure verbale ».
L’animatrice demande aussi : « Quand on parle de dérives autoritaires, le réflexe c’est de penser à la Corée du Nord, Poutine en Russie, il y a d’autres exemples, mais la CAQ? Antonine, c’est là où vous trouvez que c’est exagéré? ». Antonine Yaccarini continue :
« C’est complètement exagéré ». « Parler d’autoritarisme cette semaine, ça n’a pas son lieu d’être ». « C’est un peu dommage, quand même. On est vraiment dans un moment où il y a énormément de polarisation […], et là, le Barreau, plutôt que d’apaiser finalement le débat public, il vient l’enflammer, encore une fois. […] Est-ce que les citoyens sont servis par ça? J’en doute ».
D’autres analystes ont également critiqué cette sortie du Barreau du Québec, dont le journaliste Antoine Robitaille :
Quand le Barreau fait dans l’activisme politique
Le Barreau du Québec a mené une campagne médiatique depuis jeudi afin de dénoncer une loi ainsi que des projets de loi du gouvernement Legault.
Qu’il s’en prenne à certains éléments de la loi 2 sur les médecins, on peut comprendre.
Cette législation fut adoptée sous bâillon[…] Mais le Barreau a décidé d’y aller de manière plus globale en dénonçant du même souffle deux autres projets de loi déposés par le gouvernement: le «1» (Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec) et le «3», visant à «améliorer la transparence» des syndicats. Ce faisant, le Barreau a choisi de quitter l’univers strictement juridique et a opté pour l’activisme politique.
Il aurait pu attendre de participer aux consultations sur le 1 et le 3. Et à cette occasion, en critiquer certains éléments légaux précis enfreignant selon lui le principe de primauté du droit. Non, il a préféré formuler des assertions politiques: «Considérant l’accroissement des régimes autoritaires et l’affaiblissement de plusieurs régimes démocratiques partout dans le monde, l’heure n’est pas à l’affaiblissement des libertés publiques d’expression et d’association ou des mécanismes de contre-pouvoir.»
Que doit-on comprendre? Que le Barreau devient une sorte de parti politique? Qu’il s’autorise, au même titre que n’importe quel justiciable accoté au comptoir de sa taverne – ou à son clavier sur X –, d’écumer en lançant: «Poutine, Trump, Legault, même combat!» Sérieusement, on est à ce niveau! […] [7].
Bref, réussir à se faire critiquer par des libéraux, des caquistes et des péquistes en même temps et sur le même sujet, se faire critiquer à l’unanimité par les analystes du diffuseur public invités à commenter la situation, en plus de se faire appeler “Marc-Aurèle Nadeau” par TVA Nouvelles [8], c’est un exploit remarquable pour ce nouveau bâtonnier du Barreau du Québec.
Le bâtonnier Nadeau dissimule les vrais enjeux de la justice au Québec
À venir.
*****
[1] Marcel-Olivier NADEAU, « Sortir des sentiers battus », LinkedIn.com, 22 janvier 2026, en ligne : <https://fr.linkedin.com/posts/marcel-olivier-nadeau-69502015a_hier-avait-lieu-%C3%A0-luniversit%C3%A9-de-sherbrooke-activity-7420191088302460928-qMb_>; Marcel-Olivier NADEAU, « Sortir des sentiers battus », Facebook.com, 22 janvier 2026, en ligne : <https://web.facebook.com/batonnierduquebec/posts/hier-avait-lieu-%C3%A0-luniversit%C3%A9-de-sherbrooke-le-lancement-de-notre-grande-tourn%C3%A9e/1534859815313511/>.
[2] À venir.
[3] Katia GAGNON, « L’Université de Sherbrooke accusée de discrimination », La Presse, 1 juillet 2020, en ligne : <https://www.lapresse.ca/actualites/2020-07-01/l-universite-de-sherbrooke-accusee-de-discrimination.php>.
Le cas de discrimination de la professeure Manon Guay mentionné dans cet article de La Presse est litigieux depuis plus de 8 ans :
Guay c. Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke, 2022 QCCQ 5098 (21 juillet 2022) (décision rendue par la juge Sophie Lapierre, ancienne avocate du cabinet Cain Lamarre);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke v. Guay, 2024 CanLII 505 (QC SAT) (3 janvier 2024) - voir ici l’historique de ses démarches débutées en 2018;
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke et Université de Sherbrooke v. Guay, 2024 CanLII 21933 (QC SAT) (13 mars 2024);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) et Université de Sherbrooke c. Guay, 2024 CanLII 42207 (23 avril 2024);
Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Professeure Guay, 2025 CanLII 47479 (QC SAT) (16 mai 2025);
Guay et Université de Sherbrooke, 2025 QCTAT 3209 (30 juillet 2025);
Association des professeures et professeurs de la faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Université de Sherbrooke, 2025 CanLII 91164 (QC SAT) (28 août 2025);
Association des professeures et professeurs de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke (APPFMUS) c. Université de Sherbrooke, 2025 CanLII 111018 (QC SAT) (27 octobre 2025).
Autres cas d’abus, de discrimination, de harcèlement, etc. allégués et/ou retenus contre l’Université de Sherbrooke :
Mostafalou c. Université de Sherbrooke, 2011 QCCS 6289 (15 novembre 2011) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke, 2013 CanLII 9107 (QC SAT) (21 janvier 2013);
Fadlallah c. Université de Sherbrooke, 2013 QCCS 2951 (27 juin 2013) (décision rendue par le juge Gaétan Dumas, juge qui a participé aux activités pédagogiques, de réseautage et de financement de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Lemieux et autres) c. Université de Sherbrooke, 2013 QCTDP 15 (2 juillet 2013);
Josefowich c. Université de Sherbrooke, 2014 QCCRT 726 (17 décembre 2014);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke (SPPUS), 2015 CanLII 104148 (QC SAT) (3 mars 2015);
Université de Sherbrooke c. Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, 2015 QCCA 1397 (3 septembre 2015);
Kiam c. Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke (CSQ) et Université de Sherbrooke, 2016 QCCA 154 (1 février 2016) (décision rendue par la juge Marie-Josée Hogue, ancienne employée chargée de cours de l’Université de Sherbrooke, ambassadrice de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, participante aux activités de réseautage et de financement de l’Université de Sherbrooke, honorée par l’Université de Sherbrooke par la plus haute distinction qu’une université peut offrir : un doctorat honoris causa);
Porras-Murillo c. Syndicat des chargées et chargés de cours de l'Université de Sherbrooke (CSQ) et Université de Sherbrooke, 2016 QCTAT 750 (9 février 2016);
Hassan c. Syndicat des employées et employés de soutien de l'Université de Sherbrooke, section locale 7498 SCFP et Université de Sherbrooke, 2016 QCTAT 1156 (29 février 2016);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke, 2016 CanLII 59892 (QC SAT) (22 août 2016);
Syndicat des professeures et professeurs de l’université de Sherbrooke (SPPUS) c. Université de Sherbrooke, 2017 CanLII 60928 (QC SAT) (12 septembre 2017);
Syndicat des professeures et professeurs de l’université de Sherbrooke c. Université de Sherbrooke, 2017 CanLII 82349 (QC SAT) (5 décembre 2017);
Syndicat des professeures et professeurs de l’Université de Sherbrooke (SPPUS) c. Université de Sherbrooke, 2018 CanLII 36405 (QC SAT) (16 avril 2018);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des chargées et des chargés de cours de l’Université de Sherbrooke, 2019 CanLII 14479 (QC SAT) (26 février 2019);
Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke c. Université de Sherbrooke, 2020 CanLII 12320 (QC SAT) (19 février 2020);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’université de Sherbrooke (SEESUS), 2020 CanLII 29791 (20 avril 2020);
Adjo c. Université de Sherbrooke, 2020 QCCS 5120 (4 novembre 2020) (décision rendue par le juge Gaétan Dumas, juge qui a participé aux activités pédagogiques, de réseautage et de financement de la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Madiouni c. Comité de discipline de l'Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 1243 (6 avril 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Syndicat des employés de soutien de l'Université de Sherbrooke c. Beaupré et Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 1934 (14 mai 2021) (décision rendue par la juge Claude Dallaire, juge en résidence à l’Université de Sherbrooke qui a animé des activités pédagogiques pour la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Madiouni c. Comité de discipline de l'Université de Sherbrooke, 2021 QCCA 936 (4 juin 2021);
Murat Memisoglu c. Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 2451 (11 juin 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Malakijoo c. Université de Sherbrooke, 2021 QCCS 5061 (24 novembre 2021) (décision rendue par la juge Claude Dallaire, juge en résidence à l’Université de Sherbrooke qui a animé des activités pédagogiques pour la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke);
Morency c. Université de Sherbrooke, Faculté de médecine et des sciences de la santé, 2021 QCCS 5407 (17 décembre 2021) (décision rendue par le juge Claude Villeneuve, ancien avocat et employé chargé de cours de l’Université de Sherbrooke);
Rhnima c. Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke et Université de Sherbrooke, 2021 QCTAT 6070 (22 décembre 2021);
Obaid c. Université de Sherbrooke, 2022 QCCS 1325 (14 avril 2022) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Ives Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2022 QCCS 4411 (28 novembre 2022) (décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Cloutier c. Université de Sherbrooke, 2023 QCCS 458 (20 février 2023) (décision rendue par la juge Line Samoisette, diplomée de l’Université de Sherbrooke, participante aux activités de réseautage de l’Université de Sherbrooke, cousine de l’ancienne rectrice de l’Université de Sherbrooke, Luce Samoisette);
Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2023 QCCA 419 (6 mars 2023) (en appel d’une décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Université de Sherbrooke c. Syndicat des employées et employés de soutien de l’Université de Sherbrooke, SCFP, section locale 7498 (SEESUS), 2023 CanLII 45964 (QC SAT) (14 avril 2023);
Association du personnel administratif et professionnel de l'Université de Sherbrooke (APAPUS) c. Université de Sherbrooke, 2023 CanLII 52587 (QC SAT) (15 juin 2023);
Scherzer c. Université de Sherbrooke, 2024 QCCA 203 (16 février 2024) (en appel d’une décision rendue par le juge Charles Ouellet, ancien avocat de l’Université de Sherbrooke, qualifié par l’avocat Charles Guay du cabinet Cain Lamarre comme étant le « fondateur du bureau Cain Lamarre en Estrie »);
Adjo c. Université de Sherbrooke, 2024 QCCS 1177 (9 avril 2024);
Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université de Sherbrooke v. Université de Sherbrooke, 2024 CanLII 52199 (QC SAT) (4 juin 2024).
[4] Sabrina LAVOIE, « La vérificatrice générale blâme l’UdeS », La Tribune, 4 juin 2021, en ligne : <https://www.latribune.ca/2021/06/05/la-verificatrice-generale-blame-ludes-8a2dce2bf2381f9e7c124aa27fe488fe/>; Rémi LÉONARD, « 31 M$ de plus: Québec se penche à nouveau sur le système Véo de l’UdeS », La Tribune, 29 janvier 2023, en ligne : <https://www.lavoixdelest.ca/2023/01/30/31-m-de-plus-quebec-se-penche-a-nouveau-sur-le-systeme-veo-de-ludes-e4b51649ff198577ebdec72368197ec5/>; Isabelle PION, « Projet Véo : l’UdeS maintenant accompagnée par une firme », La Tribune, 20 mars 2024, en ligne : <https://www.latribune.ca/actualites/actualites-locales/sherbrooke/2024/03/20/projet-veo-ludes-maintenant-accompagnee-par-une-firme-HQRGKGX275AV3ITURGMGVC2YBA/>; Lilia GAULIN, « La mise en service de Véo prévue au printemps à l’UdeS », La Tribune, 27 octobre 2025, en ligne : <https://www.latribune.ca/actualites/education/2025/10/27/la-mise-en-service-de-veo-prevue-au-printemps-a-ludes-EXU2KAHUR5APRPRR67JTPCCIVI/>. Le dossier est toujours en cours.
[5] BARREAU DU QUÉBEC, « Le bâtonnier du Québec », Barreau.qc.ca, 2025, en ligne : <https://www.barreau.qc.ca/fr/ordre/gouvernance/batonnier-quebec/>.
[6] CAIN LAMARRE, « Marcel-Olivier Nadeau », Cainlamarre.ca, novembre 2025, en ligne : <https://cainlamarre.ca/employe/marcel-olivier-nadeau/>.
[7] Antoine ROBITAILLE, « Quand le Barreau fait dans l’activisme politique », Journaldequebec.com, 15 novembre 2025, en ligne : <https://www.journaldequebec.com/2025/11/15/quand-le-barreau-fait-dans-lactivisme-politique>.
[8] Marc BOILARD, « Barreau: “Le discours du bâtonnier est COMPLÈTEMENT déplacé”, affirme Marc Bellemare », QUB, 8 décembre 2025, en ligne : <https://www.youtube.com/watch?v=0MdFiPL_8QQ>.